Cette situation risque fort bien de durer jusqu’à ce que ces derniers s’acquittent, au profit de la Trésorerie de la wilaya de Béjaïa, des prestations qui leur ont été versées illégalement par la Direction de l’éducation (DE). En effet, selon de diverses sources, les services de la trésorerie n’ont pas hésité à adresser aux banques et aux chèques postaux des avis portant la mention «à un tiers détenteur de deniers affectés au privilège du Trésor public», d’où l’interdiction à ces fonctionnaires d’accéder à leur compte ou de procéder au moindre retrait et toute somme qui leur sera versée et aussitôt affectée au Trésor public, jusqu’à épuration de la dette. Cette situation, qui pénalisera certainement plusieurs familles, ne semble pas encombrer l’administration du Trésor qui se défend par le fait que «les concernés ont été destinataires d’un titre de perception», ces titres de perception ne leur sont jamais parvenus. Cependant, si la Trésorerie est tenue de récupérer les sommes versées indûment, tout porte à croire que la DE est le premier responsable de cette situation, puisque la majeure partie des travailleur ayant perçu ses sommes «ne sont que des fonctionnaires en congé de maladie», nous dira un directeur d’école qui se demande si à la DE de Béjaïa : «On se donne la peine de lire le courrier qui parvient des établissements scolaires ?», et d’ajouter : «Sinon comment expliquer que des travailleurs en congé de maladie, souvent de longue durée, continuent à percevoir leur salaire ?», s’interroge notre interlocuteur. Et s’il est de notoriété qu’un arrêt de travail suppose une cessation du salaire, d’autant plus que les concernés sont pris en charge par la sécurité sociale, cela ne semble pas être la règle à la DE de Béjaïa. Cette grave situation dont les charges ne semblent pas plaider en faveur de la DE, va-t-elle rester impunie comme tant d’autres ?Pour un juriste que nous avons sollicitée sur la question des prestations versées : «Cet acte est dommageable parce qu’il cause du tort à autrui, il y’a incompétence et les responsables de cet acte sont incapables de maîtriser leur mission, de ce fait leur responsabilité est entière et les victimes sont en droit d’exiger réparation, conformément aux dispositions du code civil», nous dira notre interlocuteur. Espérons que cette affaire ne débouchera pas sur une autre grève qui pénalisera les élèves et les enseignants, est surtout que c’est toujours les mêmes qui payent.
Yacine Boudraâ
