La Dépêche de Kabylie

Négligences et démission de la Sonelgaz

Les habitants de tout un quartier d’Aomar-centre sont, depuis plus de deux ans, en danger de mort. Sans raison aucune, la Sonelgaz de Lakhdaria ne veut pas remplacer un câble électrique qui menace à tout moment de leur tomber sur la tête. En effet, voilà maintenant plus de deux ans que ce câble s’est rompu et a failli causer une catastrophe n’était l’intervention prompte, non sans risques, de quelques adultes qui se trouvaient là au moment de sa chute pour le mettre hors de portée des enfants d’une école avoisinante. Immédiatement alertée, ce n’est qu’une semaine plus tard que la Sonelgaz s’est rendue sur les lieux pour dépanner provisoirement par un shunt ceux qui étaient branchés sur cette phase et retirer le câble tombé à terre. Comme chez nous le provisoire dure toujours et tend souvent à devenir la solution, la Sonelgaz n’a daigné dépêcher un de ses agents pour remplacer le câble que quelques mois plus tard. Ayant fait comme le chasseur qui va à la chasse sans chien ni fusil, l’agent qui a été chargé de l’opération n’a procédé qu’à un sommaire bricolage. Au lieu de changer le câble rompu, il n’a trouvé mieux que d’en confectionner un en mettant huit morceaux bout à bout. Très mal tendu et ne tenant plus que par deux brins, maintenant, au souffle du moindre vent, les câbles, qui ne sont qu’à un doigt l’un de l’autre, se touchent et s’emmêlent provoquant ainsi un court-circuit qui plonge les habitants de ce quartier dans le noir pour plusieurs jours. La Sonelgaz n’intervenant pas, souvent les habitants du quartier se dépannent eux-mêmes en prenant d’énormes risques pour rétablir le courant sans aucune protection et sans mesurer le danger auquel ils s’exposent. Le président du comité de quartier a saisi le maire d’Aomar par écrit à maintes reprises pour lui signaler le danger que représente cette situation. Contacté plusieurs fois par téléphone le responsable de la Sonelgaz de Lakhdaria n’a pas daigné répondre aux sollicitations du maire qui ne s’est jamais lassé du remplacement de ce câble. Ce responsable fait preuve d’une insouciance et d’une irresponsabilité inacceptable et sans égal. Cette entreprise, sous prétexte qu’elle allait changer tous les anciens câbles classiques par un câble torsadé, a certainement jugé « non nécessaire » le changement de celui qui menace la vie des citoyens, et continue à ignorer dédaigneusement toutes les demandes qui lui ont été faites, sinon comment expliquer cette démission manifeste qui ne l’honore point. Cette histoire, à l’Arlésienne, de changement de câbles, dure depuis plus de deux ans et rien, pour le moment, ne laisse entrevoir que cela se fera un jour. Devant toute cette surdité et tant de négligence, le président du comité de quartier continue depuis deux ans, sans relâche, à tarabuster le maire pour qu’il intervienne auprès de la Sonelgaz et lui faire entendre raison afin qu’elle vienne mettre fin au danger qui plane sur la tête des citoyens. Peu enclin à la célérité et plus imperméable que jamais à toute doléance, le responsable de la Sonelgaz de Lakhdaria continue à faire la sourde oreille. Pour quelques milliers de dinars, seulement, que nécessite le remplacement d’une cinquantaine de mètres de câble, il continue, avec désinvolture et légèreté, insouciance et indifférence de faire fi de la sécurité des citoyens. Mettre la vie des gens en danger en lésinant sur quelques milliers de dinars c’est faire preuve d’un cynisme insolent indigne d’un responsable de son rang. En cas de malheur, il sera pris pour seul responsable d’une négligence absurde qui n’aurait coûté qu’une bagatelle. N’est-il pas aberrant d’attendre plus de deux ans et en vain pour un travail qui peut être fait en moins d’une heure? Y a-t-il vraiment un responsable de la Sonelgaz à Lakhdaria?En plus des désagréments que provoquent les fréquentes coupures de courant et les dommages causés dans plusieurs foyers à beaucoup d’appareils électroménagers, ce responsable semble n’avoir que du mépris pour les gens qui, pourtant, renflouent ses caisses et n’ont jamais mis de retard pour s’acquitter de leurs redevances électriques. Il semble oublier que c’est grâce à ces gens qu’il est payé chaque fin de mois et que, par conséquent, il doit les respecter au moins en tant que clients si l’outrecuidance le pousse à ne pas les respecter en tant que citoyens. Rien ne justifie son attitude que personne à Aomar n’arrive à s’expliquer. Faut-il attendre qu’une catastrophe se produise pour voir ce responsable réagir? Pourtant, sur une belle plaque bien mise en évidence sur la plupart des poteaux électriques, il est écrit bien lisiblement en arabe et en français: Défense de toucher aux fils même tombés à terre, il y a danger de mort.

Ahmed Chibani

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