Nabil Zahi fait son entrée dans l’échiquier de la chanson algérienne par la grande porte. Longtemps imitateur des chansons des grands maîtres du chaâbi, il a décidé désormais de voler de ses propres ailes en sortant un CD de cinq chansons, enrichissant ainsi la palette de la chanson kabyle. Un opus mis sur le marché il y a deux mois qui se vend bien du fait qu’il est introuvable sur les étales des disquaires. C’est le rossignol kabyle comme le surnomme ses fans pour sa voix suave qui va en harmonie avec ses douces mélodies. Quand il monte sur scène et commence à chanter, la salle plonge dans un silence total pour capter les paroles de ce jeune chanteur destiné à une brillante carrière. De son vrai nom Bounzou Nabyl, Zahi s’est taillé une réputation qui lui a facilité le passage au professionnalisme. À chaque fois qu’il anime un gala, il interprètent des chansons des grands maîtres de la chanson algérienne comme Allaoua Zerrouki, Slimane Azem ou Hadj Mhand El-anka, pour ne citer que ces trois. Zahi dit que c’est sa façon de leurs rendre un hommage en les faisant connaître pour la jeune génération. Comme tout chanteur, l’enfant de Seddouk, né le 14 juillet 1984, a la musique dans les veines. Dès son très jeune âge, il a débuté dans la chanson en s’initiant à jouer la guitare sous un olivier dans un endroit discret où il aimait se rendre avec sa bande de copains. «Lorsqu’on m’a sollicité pour la première fois, à monter sur scène pour accompagner un chanteur, j’étais stressé mais en voyant toute une foule en extase quand j’ai chanté une chanson, j’ai réalisé immédiatement que ma voie est tracée», a expliqué Zahi. Il chante l’amour, la joie et la mélancolie de jeunesse, dans des chansons qu’il compose avec sensibilité et subtilité et taillées sur mesure pour des jeunes en âge des roses et des déferlements des passions. Il s’est frayé un chemin qui le mènera loin grâce à des fans qui le soutiennent et lui demandent, à chaque fois, de persévérer. Ce chanteur, d’une simplicité exemplaire, très estimé dans son village et partout où il est connu, ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Il est conscient que la chanson fait désormais partie de sa vie. Le style qu’il a choisi est le châabi. Il s’est donné le pseudo Zahi pour illustrer l’admiration qu’il a pour Amar Ezzahi. Pour preuve, Zahi a repris dans son premier OPU, qui vient de sortir, deux chansons de Amar Ezzahi (Dik Echémâa et Touchia El-krissi). La troisième ancienne chanson est de Cheikh Ehcissen (Tir el-kafs). L’album de cinq chansons est complété par deux chansons composées par l’artiste (Lebghim et Anfiyi-kan).
L. Beddar.

