Opération coup de poing des services de la commune d’Alger centre à l’égard des locaux commerciaux fermés, pour certains depuis plus de 25 ans.
Leurs propriétaires, personnes physiques ou morales, ont été mis en demeure de procéder à leur réouverture et à leur réhabilitation, sous peine de les rouvrir par la force publique et de les mettre au service de l’intérêt général. L’APC a en effet envoyé une mise en demeure à quelques 600 commerçants, les sommant de procéder à la réouverture de leurs locaux et à leur réhabilitation et ce, conformément au cahier des charges établi par la Direction technique. Publiées dans la presse, les mises en demeure en question ont été placardées sur les murs ou devantures des locaux commerciaux identifiés et concernés par l’opération. Si les mis en cause ne répondaient pas à cette obligation, il sera procédé à l’ouverture d’office des commerces par les pouvoirs publics et à leur mise à la disposition de l’intérêt général, conformément aux lois et règlements en vigueur, lit-on dans le document daté du 4 août 2013. Les délais ont expiré depuis le 04 septembre, mais l’APC d’Alger Centre a préféré temporiser pour donner la possibilité aux retardataires de se rattraper. «Nous avons décidé d’étendre l’échéance jusqu’à la fin du mois de septembre», nous confie-t-on au niveau de l’APC. Cette décision de mettre en demeure les commerçants s’appuie sur plusieurs lois dont l’arrêté n° 2141/08 du 16 juillet 2008 du wali d’Alger, faisant obligation aux propriétaires, locataires, gérants ou cogérants de rénover ou réhabiliter les devantures de leurs locaux. Elle est motivée par le danger permanent que représente l’état des locaux fermés et inexploités sur la santé publique au vu de l’insalubrité régnante. «Ils sont devenus le refuge de diverses formes de délinquances et de pratiques immorales» et «ont grandement altéré l’environnement urbain, le caractère agréable et le design architectural de la ville», nous a-t-on encore expliqué. Pour ce qui est de la justification de ces longues fermetures, les problèmes de succession et d’héritage ne constituent pas l’unique raison. «Il y a des commerçants qui manquent de moyens pour relancer leurs activités, d’autres ne peuvent gérer les locaux alors que d’autres ont carrément abandonné leurs commerces», relève-t-on auprès de la direction technique de l’APC d’Alger Centre.
Quelques 600 commerces concernés sommés de rouvrir avant fin septembre !
L’opération de réouverture des locaux commerciaux fermés a commencé donc depuis plusieurs semaines, avec l’envoi de mises en demeure aux propriétaires concernés et identifiés, selon Abdelhakim Bettache. «Il s’agit d’une mise en demeure (rédigée en arabe et en français) de 30 jours. S’il n’y a pas de réponse, une autre mise en demeure de 15 jours sera envoyée au propriétaire avant de saisir la justice pour demander la réouverture du commerce», nous a-t-il expliqué. «Ces magasins, dont certains sont fermés depuis 25 ans, sont devenus des nids d’insalubrités, des réceptacles d’eaux usées et des abris pour rats», regrette-t-il. «C’est nuisible pour l’environnement, on ne pouvait pas rester les bras croisés», ajoute le responsable. Pour l’instant, l’APC d’Alger Centre a obtenu une quinzaine de réponses. «Au niveau de Didouche Mourad, un commerçant a même entamé les travaux pour rouvrir son magasin, d’autres ont contacté l’APC et nous les avons reçus», précise M. Bettache. En tout, quatre-vingts locaux situés à Mohamed V, Didouche Mourad, Place Audin, la rue Khettabi, Larbi Ben M’hidi et à Aslah Hocine, ont été recensés. Et tous les locaux sont concernés par l’opération dont des bars, des restaurants et des débits de boissons alcoolisées ayant les autorisations nécessaires pour exercer leurs activités.
Ferhat Zafane
