La contestation s’amplifie avec des mouvements de protestation plusieurs fois par semaine.
À peine les habitants des deux cents logements ont libéré les axes routiers bloqués durant trois jours entiers, d’autres montent au créneau pour réclamer les commodités les plus élémentaires. Hier, pas moins de quatre routes ont été fermées à la circulation, par les habitants des villages d’Iouchathène, de Sanana-Ichoukrène, d’Agouni Ahcène et d’Ath Moh Kaci. Il s’agit donc de la RN25, du chemin communal Sanana à la RN68 et du chemin qui mène vers la grappe d’Imzoughène. La revendication est la même. Les routes qui desservent ces villages sont dans un état de dégradation avancée. « Nous avons déjà mené une action dans ce sens, il y a de cela un mois. Après discussions avec les responsables locaux, on nous a promis de nous rendre la réponse vingt jours après. Nous avons attendu plus d’un mois, personne n’est venu nous voir. Alors, nous avons décidé de passer à l’action. Et cette fois-ci, nous sommes décidés à aller jusqu’au bout », nous fera savoir un citoyen rencontré devant les barricades sur la RN25 au niveau de l’intersection de la route qui mène vers ces villages. Et à un autre de nous dire: « L’état de cette route qui va jusqu’à Ichoukrène, ou encore Iouachathène et Takaroucht est dans un état piteux. Personne ne veut risquer de l’emprunter. Pour arriver jusqu’à Draâ El-Mizan, il faut parcourir quatre kilomètres à pied dans des buissons avec tous les dangers encourus pour rallier la RN25 et attendre un fourgon qui viendrait de Maâmar ou de Tafoughalt avec des places vides si on a la chance ». Et à un troisième de souligner cet isolement: « nous n’avons ni route ni école ni salle de soins. Plus de cinquante foyers isolés vivent dans les ténèbres. Ils n’ont pas d’électricité. En 2013, nos enfants parcourent encore des kilomètres à pied pour rejoindre l’école primaire de Maâmar, alors qu’on entend ici et là des écoles primaires fermées. Sommes-nous des algériens comme les autres? N’oubliez pas aussi que le projet de gaz naturel inscrit pour nos villages Sanana-Ichoukrène, en 2011, n’est pas encore lancé ». Devant la fermeture de ces routes, les voyageurs à destination de Tizi-Ouzou sont contraints de passer par Boghni via le CW128. Quant aux habitants de la grappe d’Imzoughène, ils exigent qu’on prenne en charge les travaux au niveau de leur route dégradée suite à la réalisation d’une conduite d’eau potable vers Tafoughalt. C’est pour la deuxième fois qu’eux aussi ont exprimé cette colère. Ainsi, hier, Draâ El-Mizan s’est retrouvée presque fermée. Les collégiens de Maâmar et les lycéens de Tafoughalt et ceux de Sanana-Ichoukrène qui étudient à Draâ El-Mizan ont eu un week-end prolongé.
Amar Ouramdane.

