Les prix du mouton flambent

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À moins d’un mois de la célébration de la fête de l’Aïd El Adha, le prix du mouton est devenu le sujet de discussion des ménages dans la commune de Tazmalt.

Pour prendre le pouls et se mettre dans l’ambiance de la préparation de cette fête sacrificielle, nous avons fait un tour, jeudi dernier, au marché du bétail dans la ville de Tazmalt. Il y avait du monde et s’était difficile de se frayer un passage entre les hommes et les bêtes. Des camions, des camionnettes immatriculées à Bouira, Bordj Bou-Arreridj et M’sila, sont stationnés dans ce marché ce qui dénote de son importance et l’opportunité commerciale qu’il offre aux vendeurs, lesquels se comptent, également, de la région. Les bêlements et l’odeur qu’on connaît aux ovins, emplissent l’atmosphère du marché où les cours s’emballent et les négociations sont de plus en plus serrées. D’un vendeur à l’autre, nous nous enquérions des prix des moutons parqués en petits troupeaux. Il ressort que les prix pratiqués, donnés par le marché comme on dit dans le jargon des vendeurs, allaient dans la fourchette de 24 000 da à 51 000 da. Ces prix ne sont pas figés. Ce sont des prix « primaires », préludes à des négociations serrées. C’est comme cela que ça se passe dans le négoce du bétail. Le client demande auprès du vendeur le prix « donné » par le marché et le vendeur donne le tarif. Après, la négociation entre les deux parties commence. Chacun donne le prix qu’il lui sied le mieux, et à coups d’arguments, chacune des deux parties tente d’amener l’autre à accepter le tarif proposé. Si le client est satisfait du prix négocié alors la transaction est conclue, sinon elle foire carrément ! Un vendeur, à savoir si c’était un éleveur ou un maquignon a quitté le marché car, nous dit-on, son mouton a été sous-évalué autrement dit, le prix qu’il désirait n’a pas été pris en compte. « C’est un gros mouton ! » témoigne, à ce sujet, un vieux, qui poursuit : « Le propriétaire, on lui a proposé 45 000 da pour son mouton, il a refusé. C’est peu pour lui… ! ». Côté ménages, il est indubitablement difficile à un chef de famille de se permettre un mouton dans ce marché qui connaît un renchérissement « précoce » des prix, à moins d’un mois de l’Aïd El Adha. Les « bons » moutons pourraient dépasser allègrement la barre des 60 000 da, à la veille de l’Aïd, comme ce fut le cas l’année passée ! Et comme à l’accoutumée, des centaines, pour ne pas dire des milliers, de familles seront contraintes d’acheter un peu de viande pour « fêter » l’Aïd. Un père de famille, rencontré au même marché a ironisé au sujet de la cherté du mouton en disant : «A ces prix pratiqués, nous allons devoir immoler, non pas des moutons, mais des poules ! ».

Syphax Y.

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