«La matière grise existe, mais…»

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Ouakli Younes est un enfant du club de football RC Seddouk où il a entamé sa carrière dans l’équipe des minimes, en 1987. Il a gravi tous les échelons pour atteindre le summum comme entraîneur.

Il rend encore service au club seddoukois en entraînant cette année l’équipe « cadette ». Il n’a pas l’intention de s’arrêter en si bon chemin. La quarantaine passée, il a encore beaucoup à donner au sport. Nous l’avons rencontré lors d’une séance d’entraînement et il a bien voulu nous accorder cet entretien.

La Dépêche de Kabylie : A quel âge avez-vous entamé votre carrière footballistique ?

Ouakli Younes : J’ai commencé à jouer en 1987, comme minime au RC Seddouk, le club que je considère comme ma seconde famille. J’ai gravi tous les échelons en évoluant dans toutes les catégories. Mais c’est dans l’équipe séniors que je me suis le plus épanoui, en y évoluant de 1992 à 2003. Durant, les trois dernières années, je remplissais deux fonctions.  J’étais encore joueur tout en étant entraîneur. 

Avez-vous suivi des formations ou des stages pour la fonction d’entraîneur ?

Malheureusement je n’ai pas le titre d’entraîneur. Mais cela ne constitue nullement un handicap pour moi, du fait que j’ai gravi tous les échelons en entraînant les équipes de toutes les catégories. Et à chaque fois qu’un entraîneur de l’équipe senior jetait l’éponge, les dirigeants me sollicitaient pour combler le vide. Ce que je n’ai jamais refusé de faire. Cette année, j’ai opté pour l’équipe des cadets car j’étais avec les jeunots depuis la saison écoulée et je voulais leur assurer une formation complète pour qu’ils puissent passer au palier supérieur avec des bagages solides. 

Le RCS a, deux saisons de suite, raté l’accession d’un cheveu. A quoi cela est-il dû ?

Depuis notre accession, en 2010/2011, le RCS a prouvé ses capacités à aller loin. Nous sommes devenus une équipe à abattre. A cela s’ajoute aussi le manque de moyens. Durant les deux dernières saisons, nous avons bien démarré la compétition, avec l’ambition de jouer l’accession, mais en cours de route, des problèmes financiers ont surgi, nous freinant dans notre élan. Pire que ça, la saison qui a suivi, comme nous n’avions pas d’argent à offrir à nos meilleurs joueurs pour les garder, ils ont rejoint les clubs nantis qui pouvaient bien les récompenser. Heureusement que le RC Seddouk est une école footballistique qui produit des talents pour lui et pour les autres clubs de la vallée. Rares sont les clubs de la vallée qui ne renferment pas en leur sein un ou plusieurs joueurs formés pas l’école du RCS.

Cette saison est-elle différente des précédentes, côté moyens ?

Avec des dettes énormes, le club fonctionne pour le moment avec les dons dérisoires des particuliers, en attendant la subvention de l’APC qui tarde à arriver. Donc pour nous, les années se suivent et se ressemblent. Nous avons la matière grise avec des joueurs de talents, c’est à dire une équipe performante qui a des capacités de jouer les premiers rôles. Mais je tiens à répéter encore une fois que nous manquons de moyens.

Pourtant, le RCS a entamé le championnat en cours avec deux victoires consécutives ?

Je vous dis encore fois, côté effectif nous avons une très bonne équipe qui vient de prouver sa supériorité. Mais toujours est-il, nous n’avons joué que deux rencontres. Il nous reste 28 matchs. La question qui se pose : est ce que nous aurons suffisamment de moyens pour continuer sereinement la suite du championnat dans de bonnes conditions ?

Un mot pour conclure ?

Je lance un appel aux anciens joueurs et à tous ceux qui aiment le RCS. Toute aide sera la bienvenue. Le club a besoin de tous. Je lance également un appel aux supporters, les priant de soutenir leur club avec un esprit sportif. Que serait tout club sans supporters ?

Entretien réalisé par L. B.

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