Malgré l’interdiction, les différents oueds qui coulent dans la vallée de la Soummam font toujours l’objet de pillage de leur sable.
En effet, il n’est pas rare de voir des pilleurs, à la pelleteuse ou à la simple pelle, charger, à longueur de journée, des tonnes de sable sur des remorques de camions ou de tracteurs. Dans les oueds Amarigh et Sahel, pour ne citer que ces deux grandes rivières, le pillage continue, bravant toute interdiction. Le plus grave dans tout cela, est que les crues n’ont pas encore eu lieu, ce qui fait que le peu de sable existant se trouve surexploité et extrait sans aucun ménagement. Seul le gain rapide et facile constitue les règles de ces charognards sans loi, ni foi. Le sable extrait au noir, est vendu à de fortes sommes, lesquelles génèrent de grands profits aux pilleurs au détriment de tout. La charge d’une remorque d’un camion est vendue entre 6 000 et 17 000 da en prenant en compte, bien entendu, la distance de la livraison au client. Alors que celle d’un tracteur, elle est proposée entre 2 000 et 4 000 da. Il est vrai que le sable constitue l’un des matériaux de construction les plus utilisé même s’il est de moindre qualité il entre dans l’usage des différents travaux d’aménagement urbain (routes, trottoirs, assainissement,… ) mais « est-ce une raison valable pour piller davantage les oueds ? » s’interrogent les plus avertis et les défenseurs de l’environnement. Le sable des oueds constitue un maillon fort de toute une chaîne où l’homme est concerné directement. Le sable constitue, selon des écologistes, un filtre ou une couche protectrice pour les nappes phréatiques situées dans les cavités souterraines en dessous des oueds, desquels est pompée, à travers les forages, l’eau de l’AEP de plusieurs municipalités, que ces mêmes pilleurs et leurs proches consomment, entre autres. Dans les lits de ces mêmes oueds, des décharges sauvages se comptent par dizaines, ce qui veut dire que ces cours d’eau sont pollués à la surface. Cette pollution, selon toujours les écologistes, est stoppée ou diminuée par cette couche de sable, qui protège les nappes phréatiques en agissant comme filtre. En conséquence, « si cette couche sableuse venait à disparaître ou de diminuer drastiquement, alors la nappe souterraine pourrait être polluée », avertissent les spécialistes en la matière. Ce qui engendrerait de graves ennuis de santé aux consommateurs, dont ces mêmes pilleurs ! Il est à craindre, surtout, la contamination de cette eau par les éléments chimiques comme l’arsenic et le plomb, qui sont très toxiques et mortels à fortes doses !
Syphax Y.

