CHU de Tizi-Ouzou Le chef de daïra interpelle le DSP lors du séminaire sur la gestion des déchets hospitaliers – « Et les déchets des privés ? »

Les déchets des activités de soins à risque infectieux (Dasri) et la problématique de leur gestion ont été le thème d’un séminaire organisé jeudi dernier, au bloc pédagogique du centre hospitalo-universitaire Nedir Mohamed de Tizi-Ouzou. Ce dernier a regroupé de nombreux spécialistes locaux et d’autres venus de différentes wilayas du pays.

Les Dasri sont ceux qui préoccupent le plus, à cause du danger auquel ils exposent les citoyens. Les participants à cette 5ème édition du séminaire sur la gestion des déchets hospitaliers ont insisté sur la nécessité du tri à la source, pour une meilleure gestion. Un tri qui doit se faire par le médecin ou le pourvoyeur de soins. Ces derniers doivent veiller au respect des contenants disponibles, dédiés chacun à recevoir certains déchets spécifiques. Chose qui ne se fait que rarement par les praticiens, médecins résidents et infirmiers. Au niveau du CHU Nedir Mohamed de Tizi-Ouzou, un audit entrepris pendant la deuxième semaine du mois écoulé a d’ailleurs permis de le confirmer. Réalisé par l’équipe du Dr. Halli, il a permis de sillonner, du 6 au 12 octobre, 36 services dudit hôpital. Les résultats exposés, jeudi, confirment ainsi l’idée avancée concernant le tri par le personnel médical. D’après l’audit, le tri est effectué uniquement dans 48% des cas. Et même là il n’est pas fait dans les normes requises, étant donné qu’il est conforme dans seulement 59% des cas. La même enquête relève en effet, que dans 78% des cas, les sachets et conteneurs sont trop pleins, par rapport à la norme requise. Dans 39% des cas, la fermeture provisoire n’est jamais activée. Alors que pour les 28% restants, aucun étiquetage n’est établi sur les contenants. Ceci étant, le constat, s’accordent à dire les participants, est le manque d’informations et de formation du personnel médical dans le domaine. C’est ainsi que les intervenants, à travers la séries de conférences initiée dans le cadre du séminaire intitulé « Actualité sur les déchets d’activités de soins à risque infectieux (Dasri) : gestion et prise en charge », ont insisté sur la nécessité de former le personnel pour sa contribution, combien importante, dans la gestion des déchets hospitaliers. Cela dit le CHU a enregistré une importante avancée dans le domaine de la gestion de ses déchets, notamment suite à l’acquisition d’un banaliseur, en remplacement des brûleurs d’antan. Un procédé beaucoup plus performant et sans danger, et pour les citoyens et pour l’environnement. C’est d’ailleurs ce que soulignera le Pr. Ziri, lors de sa conférence sur l’ « Historique de la gestion des déchets au CHU de Tizi-Ouzou : de l’incinérateur vers la banalisation ». Le directeur local de la santé M. Gacem Mustapha, s’est engagé pour sa part, lors de l’ouverture des travaux du séminaire, à ce que les déchets hospitaliers ne soient plus jamais dans la nature. En effet, dira-t-il : « au delà du 30 novembre, aucun sac jaune ne sera jeté dans l’oued Sébaou ». Il affirmera que tous les déchets hospitaliers de la wilaya seront orientés vers le banalisateur de la wilaya. Le chef de daïra, représentant du wali à cette rencontre, a rappelé qu’en 2008 encore, l’opération de gestion des déchets issus des établissements sanitaires se faisait d’une manière « anarchique et peu professionnelle » consistant à brûler les déchets. Ce procédé qui a complètement disparu des établissements publics de santé est malheureusement toujours utilisé dans les établissements privés. Un constat qui poussera le chef de daïra à inviter « les pouvoir publics compétents, à leur tête le DSP, à se pencher sur la question ». Une réflexion, une interpellation qui a son pesant qui incite à la méditation. Car l’autre question lancinante reste justement celle là qu’a soulevé M. Doumi Djillali, chef de Daïra de Tizi-Ouzou : Ou vont les déchets des établissement de santé privés ? Le premier interpellé est logiquement le DSP.

T. Ch.