La commune forestière de Mizrana, 25 km au Nord-ouest de Tizi-Ouzou, est l’une des plus déshéritées de toute la wilaya.
Le terrorisme qui y a longtemps sévi a porté un sacré coup au développement local. Aujourd’hui, cette localité éprouve toutes les peines du monde pour sortir la tête de l’eau, même si la sécurité a été rétablie. L’un des plus gros problèmes dont la commune souffre c’est le fait qu’elle ne dispose que d’un seul bureau de poste, situé au chef-lieu, Aït Saïd, alors que dix villages la composent. Les trois autres existants ont été fermés il y a quelques années pour des raisons sécuritaires, et ils n’ont toujours pas été rouverts. Il était question de les réhabiliter, mais rien n’a été entrepris dans ce sens. Il s’agit des bureaux des villages Tizi N’Bouali et Ouatouba, fermés dans les années 1990, et de celui d’Azrou Baar, fermé à son tour en 2008, suite à un braquage durant lequel 80 000 DA furent volés. Aujourd’hui, la situation sécuritaire s’est pourtant nettement améliorée. Le ministre des Télécommunications avait même donné en 2010, l’instruction de rouvrir tous les bureaux de poste fermés dans la wilaya de Tizi-Ouzou. Ils sont, exactement, au nombre de 14. Mais rien n’a été fait pour le moment. Et la population de la commune de Mizrana est l’une des plus pénalisées par ce problème. « Nous sommes obligés de nous déplacer jusqu’au chef-lieu communal pour récupérer notre courrier ou retirer notre argent. Cela nous pénalise et complique le quotidien au plus haut point. Il est vraiment temps de rouvrir les trois autres bureaux de la commune », plaidera si Ahmed, un vieux du village Tibcharine. Par ailleurs, Mizrana accuse un retard considérable dans tous les secteurs. Cette commune de la Kabylie maritime nécessite un programme de développement local spécial. C’est impératif, vu les manques et les carences dont souffre la population. Les autorités et les élus locaux essayent, tant bien que mal, de relever le défi. Mais la tâche n’est pas aisée. Et la patience des villageois n’a que trop duré. Contrairement à plusieurs autres régions touchées de plein fouet par le terrorisme, durant les années noires, où l’exode rural était la seule échappatoire, à Mizrana, les habitants ont résisté. Ils ont décidé de rester chez eux. Maintenant, ils aspirent à une vie meilleure, à un minimum de confort au quotidien.
S. Sahaf

