Affrontements entre étudiants et riverains

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De violents affrontements ont éclaté durant les nuits de mardi et mercredi derniers, entre les étudiants des résidences universitaires Tahar Djaout et 17 octobre, sises au chef-lieu de la wilaya, et un groupuscule d’extra-universitaires, faisant plus d’une trentaine de blessés parmi les étudiants dont deux sont dans un état comateux. 

Ce sont, en effet, deux nuits de terreur que viennent de vivre les étudiants et étudiantes résidant dans ces deux enceintes universitaires, qui ont été la cible d’une violente attaque venue de l’extérieur, «vraisemblablement» de la part d’un groupe de jeunes résidants des quartiers voisins. À en croire des sources bien informées, ce tragique évènement avait pour source un litige «banal» entre un étudiant et un extra-universitaire lors de la projection du match de qualification au mondial de l’équipe nationale, au niveau de la résidence universitaire Tahar Djaout. «C’est un malentendu qui aurait dû se régler sur place sauf que l’entêtement de l’un des deux jeunes hommes à avoir le dernier mot, l’extra-universitaire en l’occurrence, a donné une tournure plus grave à l’évènement, en appelant des tiers à la rescousse », informent nos sources. Quelques instants plus tard, soit juste après le défilé ayant suivi la victoire de l’équipe nationale, une milice de jeunes lourdement armés s’est constituée devant les portails des deux résidences et s’est mise à balancer des projectiles de toute sorte à l’intérieur des murs, provoquant ainsi la colère des étudiants dont la riposte a été immédiate et pas des plus tendres. Puis, c’est l’escalade de violence pendant deux nuits consécutives, où l’on a rapporté l’utilisation même, par les assaillants (extra-universitaires), de fumigènes et de feux d’artifices comme armes. Le quartier Seghir, jouxtant les deux établissements, s’est transformé en un champ de bataille. Les artères y ont été bloquées à l’aide d’objets hétéroclites, les trottoirs dénudés ont servi de réserves de projectiles, les rues jonchées de pierres et de verre cassé. En somme, un paysage qui s’y apparente à une ville en guerre. Du côté des étudiants, le bilan est très lourd. L’on déplore une trentaine de blessés dont au moins dix cas de blessures par coups de poignard. Pris d’assaut au dépourvu et ayant adopté la défensive pendant de longues heures, des centaines d’étudiants ont été pris au piège à l’intérieur des résidences, sous des pluies de pierres et de bouteilles de bières, a-t-on informé. Il convient de souligner, par ailleurs, que l’intervention de la police pour départager les deux parties n’a été que de courte durée, ne se limitant qu’au tout début de l’affrontement et n’a pas réussi à dissuader les deux groupes prêts à en découdre. Après, tout le reste s’est déroulé dans « l’indifférence » totale, bien que les heurts se soient déplacés, suite à une offensive des étudiants sur leurs assaillants, en dehors des franchises universitaires. Chose qui, ordinairement, n’empêche pas l’intervention des services de sécurité. Suite à ces évènements, une assemblée générale des étudiants a été organisée, le lendemain, au niveau du campus de Targua Ouzemour afin, selon les étudiants, de «réagir à cet énième acte ignoble contre les étudiants», a-t-on informé. D’ailleurs, « il est envisagé dans les jours à venir, une action de rue pacifique pour interpeller les autorités locales sur cette nouvelle forme de violence qui s’abat sur les étudiants», a-t-on déclaré lors de l’assemblée. Ces évènements nous revoient, faut-il le rappeler, à l’année dernière, où les mêmes résidences ont été le théâtre d’actes de violence pour cause de corruption et d’agression contre les étudiants et à se poser des questions sur une université qui ne cesse de se «dégrader» sur tous les plans, surtout sécuritaire.

M. H. KHODJA

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