Un nouveau plan de circulation s’impose

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Alors que le chef-lieu de wilaya souffre d’une circulationautomobile étouffante, où en sont les ouvrages qui devaient mettre fin au calvaire quotidien des automobilistes et le nouveau plan de circulation, dont l’étude a été lancée depuis belle lurette, mais dont on ne voit toujours pas encore la mise en place ? 

On se demande jusqu’à quand les artères du chef-lieu pourraient-elles continuer à faire face à l’intensité croissante du trafic automobile. Alors qu’on croyait que ça allait s’alléger, avec la fin de l’été et le départ des estivants, la circulation est restée telle qu’elle l’était durant la saison estivale, dense et compacte, au point, parfois, de provoquer un blocage total. Heure de pointe ou pas, les rues de Béjaïa sont toujours débordées. Les bouchons, qu’on croyait se limiter qu’aux points les plus fréquentés, sont visibles au niveau de toutes les artères du chef-lieu. Cette situation « explosive » dans les rues de Béjaïa n’est, finalement, pas le résultat du seul fait de l’affluence saisonnière, mais l’œuvre de plusieurs «manquements» qui ont fait que le peu d’infrastructures existantes n’arrive plus à suivre le rythme grandissant du trafic automobile. Stagnation des projets de décongestionnement, un nouveau plan de circulation qui se fait «trop» attendre, une signalisation routière quasi-inexistante, des routes défoncées, des dos-d’âne «hasardeusement» posés à chaque coin de rue, insuffisance d’aires de stationnement… en somme, beaucoup de «défections» et des problèmes restées sans solution à ce jour. Des scientifiques, ayant pris part le mois dernier au deuxième colloque sur la ville et l’urbanisation au niveau du campus d’Aboudaou, on tiré la sonnette d’alarme sur la situation qu’ils ont qualifiée de «catastrophique» dans la wilaya de Béjaïa. La question de la circulation automobile a été abordée avec beaucoup d’attention. Aux manquements déjà cités, s’ajoute, selon les conférenciers, «la construction anarchique, l’une des causes principales de l’explosion de la circulation». D’abord, beaucoup de bâtisses et de parkings improvisés ont «mordu» sur les chaussées, les rétrécissant davantage. Puis, à force de bafouer les normes d’urbanisation et de ne se fier qu’à l’esprit d’improvisation, surtout si le plan de circulation et la signalisation font défaut, «ça ne pouvait que conduire à l’étouffement actuel», estiment les spécialistes. Aussi, il y a les ouvrages, destinés à atténuer l’encombrement, qui sont insuffisants et dont les travaux piétinent. Le cas de l’échangeur des quatre chemins est un exemple édifiant du «laxisme» des pouvoirs publics, devant une situation pourtant «urgente», surtout qu’il s’agit d’un point très sensible. Alors qu’on annonce sa livraison en 2014, le projet progresse à une allure d’escargot, ne rassurant guère les automobilistes. Il a subi trois blocages, pour des raisons «techniques», dit-on. Pour ce qui est de l’état des rues, que d’aucuns sait désastreux en dépit de quelques « retouches » qui n’apportent pas un grand changement, il demeure l’une des causes principales des bouchons. Avec des crevasses et des nids de poules partout, additionnés au rétrécissement de la chaussée et aux dos-d’âne mal posés, il n’est pas anormal de voir les bouchons s’étendre à perte de vue. Quant au nouveau plan de circulation, on ne sait plus s’il sera concrétisé un jour. Aux dernières nouvelles, «il serait en troisième phase d’étude», selon la direction des transports. C’est une démarche importante, au même titre que les ouvrages de désencombrement. Il consistera, en gros, à revoir les itinéraires, en premier lieu ceux des transports en commun dont on a l’impression, actuellement, qu’ils accaparent, à eux seuls, les rues de la ville. La signalisation, inexistante actuellement, mis à part quelques coups de pinceaux et des plaques souvent invisibles et mal plantées, et le nouveau plan de circulation, s’imposent pour désengorger un tant soit peu la ville des Hammadites. Mais pour l’heure, à défaut de toutes ses belles réalisations «théoriques», les automobilistes doivent s’armer de beaucoup de patience, car on ne sait pas pour combien de temps encore le calvaire va-t-il durer.

M.H. Khodja

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