Une délégation de l’assemblée populaire de wilaya de Tizi-Ouzou, composée des chargés des commissions de l’éducation et de la jeunesse et des sport, menée par le vice-président, M. Klaleche, a effectué une visite d’inspection et de travail, jeudi dernier, à travers les deux communes que compte la daïra de Maâtkas.
La polyclinique de Souk El Tenine était parmi les structures visitées. Celle-ci est dans un état de vétusté et de dégradation avancée. Dès l’entrée, on remarque déjà une peinture d’un autre âge. Hormis le bloc des urgences qui a bénéficié de travaux de réfection et qui par endroit commencent à montrer leurs limites, le reste est dans un état de pestilence. Au niveau du cabinet dentaire, les plafonds sont marqués par l’infiltration des eaux, parfois usées, créant ainsi une atmosphère d’insalubrité et de pestilence. Les portes sont usées, les installations électriques montrent leurs entrailles et le plâtre des murs détaché. Pour ce qui est du laboratoire des analyses médicales, les manques sont nombreux. Un des praticiens dira à la délégation : « Nous avons besoin d’un spectrophotomètre automatique, d’un coulter, d’un frigidaire à deux portes, d’une centrifugeuse, d’une table de prélèvement, d’un bain-marie de laboratoire, d’un appareil HBA1c, de réactifs, de chauffage et de la réparation de l’étanchéité ». Rappelons également, que le laboratoire de radiologie ne fonctionne que dans la journée pour manque de techniciens. La polyclinique ne dispose que d’une seule ambulance. Il est à signaler qu’un projet portant sur l’extension du pavillon des urgences a été annoncé mais nous avons appris que ce projet est à présent annulé. « De l’entrée, nous avons un avant goût de ce qu’il y a à l’intérieur. Il faut vite remédier à cette situation qui n’a aucune raison d’être », dira M. Messala, le chargé de la commission santé et environnement. Pour la seconde polyclinique sise au chef-lieu de Maâtkas, l’état des lieux s’est nettement amélioré. L’infrastructure a été réhabilitée et la propreté des lieux a refait surface même avec une seule femme de ménage. Seulement, cet établissement de la santé publique ne fonctionne pas normalement, car les moyens humains et matériels font défaut. « Nous n’avons que 4 médecins et 9 paramédicaux. La maternité n’existe pas, le laboratoire de radiologie n’est pas fonctionnel malgré que le matériel soit installé et le laboratoire d’analyses n’est pas encore en service. Nous n’avons ni ambulance, ni voiture de service », dira le médecin-chef. Le plus frappant est que l’établissement est livré à lui-même dès la fin du travail. Aucun gardien n’est affecté pour surveiller l’établissement de nuit. Du coup, dès qu’il y a coupure de courant, les vaccins sont à jeter car personne n’est présent pour mettre en marche le groupe électrogène. Encore plus saisissant, les patients continuent d’acheter de la bétadine que l’infirmière leur garde dans son armoire. C’est dire, que le secteur de la santé à Maâtkas est en souffrance. En somme, la délégation de l’APW a pris connaissance de l’état des lieux dans ces infrastructures. M. Klaleche nous dira en fin de visite que : « Le constat n’est pas reluisant, les manques sont nombreux. Notre assemblée fera de son mieux pour améliorer les conditions de scolarité des apprenants et nous ferons aussi notre possible pour garantir des soins efficients aux patients ». Sur un autre registre, à savoir celui des travaux Publics, le vice-président nous apprendra qu’: « une déviation est prévue de Souk El Tenine vers Oued Fali en passant par Ighil Issiouane et Tirmitine, pour déboucher sur la pénétrante de Draa El Mizan via Ait Yahia Moussa, qui donne sur l’autoroute Est-Ouest. D’ailleurs, l’étude est déjà en cours ».
Le nouveau lycée, l’autre escale
Le nouveau lycée de Souk El Tenine a constitué l’autre escale de la délégation de l’APW. Cet établissement a ouvert ses portes en septembre dernier. Pour rejoindre ce lycée distant du chef-lieu de prés de 2 kilomètres, la route est, certes, revêtue mais elle est trop étroite (à peine 3 mètres de largeur par endroit). L’absence de caniveau fait que ce chemin ne tiendra pas longtemps. Les croisements sont très serrés et si un camion de gros tonnage y pénètre, autant faire marche arrière pour lui céder le passage. À une centaine de mètres avant d’arriver au dit établissement, un véritable et imposant joyau se présente, c’est le nouveau lycée ! À l’entrée, aucune enseigne et aucun panneau n’indique que l’on est dans un établissement. Apparemment, les responsables n’ont pas eu assez de temps pour commander un panneau. Toutefois, la délégation a été surprise d’apprendre que les lycéens sont en grève. L’école est désertée par les apprenants pour une affaire entre un élève de 1AS et une enseignante, nous dit-on. La solidarité des élèves a prévalu malgré les efforts des encadreurs. Une réunion s’est tenue ensuite entre les responsables de l’établissement et les membres de la délégation de l’APW pour cerner les problèmes existants au niveau du lycée et tenter de trouver des solutions. Rappelons que le lycée fait face au manque d’encadrement, à l’insécurité et aux difficultés de l’approvisionnement en combustible. Il est aussi question de l’affectation d’un économe et de la dotation de la bibliothèque en livre. L’aire de jeux est dans un état lamentable vu l’inexistence de drainage des eaux pluviales. Les professeurs aimeraient bénéficier d’un projet de salle omnisport pour pouvoir mettre à exécution leur programme. Concernant la grille de protection de la partie basse du lycée, le vice-président à l’APW a instruit le proviseur de lui établir une fiche technique qui sera prise en charge par l’APW. Rappelons également que l’établissement n’est pas doté d’une infirmerie et d’une voiture de service. « Cet établissement est un véritable joyau, il faut juste combler les lacunes qui persistent et prévoir une parfaite gestion qui assoira plus de discipline et d’ordre », dira M. Malki, le chargé de l’éducation au niveau de l’APW. Pour sa part, M. Klaleche annoncera l’inscription d’une cantine scolaire au profit de l’école primaire d’Ighil Boulkadi. Pour ce qui est du lycée de Maâtkas, les conditions sont très difficiles. L’établissement fait face au manque de salles de classes et même les locaux disponibles souffrent du récurrent problème d’infiltration des eaux pluviales et de manque d’aération et de lumière pour certains locaux aménagés dans l’urgence. La surcharge des classes et des divisions roulante gêne considérablement le bon déroulement des activités pédagogiques. À rappeler, qu’une ancienne école primaire datant de l’ère coloniale, existe dans l’enceinte de l’établissement, les classes sont réformées et les logements du dessus sont toujours occupés. La démolition de ce bâtiment constituerait, selon les responsables du dit établissement, la meilleure solution pour la construction d’autres salles de classes et de logements.
Hocine T.

