La localité d’Ath Mansour est connue pour son caractère rural. Les habitants, quelque soit leurs professions, n’ont jamais coupé le cordon ombilical qui les lie à leurs terres. Les oliveraies se sont multipliées, ce qui dénote de la place qu’a cet arbre aux yeux des habitants de cette région. Néanmoins, ces derniers temps, ce n’est guère facile de prendre soin de cette filière oléicole. Le constat est affligeant. Après une virée dans des oliveraies d’Ath Mansour, nous avons constaté que la majorité est laissée à l’abandon par leurs propriétaires, faute de moyens. D’après quelques paysans avec qui nous avons pris attache, l’entretien de ces oliveraies coûte cher. Il faut, selon eux, beaucoup d’argent pour entretenir ses oliviers, et les protéger contre les maladies. Les propriétaires doivent tailler les branches des ces arbres, creuser des bassins pour leur irrigation, labourer, lutter contre les bestioles qui infestent les olives (mouche de l’olive qui fait des dégâts !)… A titre d’exemple, le labourage, fait pour aérer les racines et permettre à l’eau des pluies d’y pénétrer, coûte 700 da/heure. Et comme ce n’est pas tout le monde qui peut se le permettre, des dizaines d’hectares de terres sont laissées à l’abandon. « La majorité des villageois ne peut pas se permettre le labourage tarifé à 700 da l’heure. Nous savons que cela réduira les récoltes oléicoles et que ça nuira aux oliviers, mais on n’a pas le choix», nous dira un paysan de Taourirt, chef-lieu de la commune.
Y. Samir
