10 ans de prison ferme pour le meurtre de son ami

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l Le juge près le tribunal criminel de Tizi Ouzou a prononcé hier la peine de dix ans de prison ferme à l’encontre de H. Omar, un jeune célibataire âgé de 26 ans pour homicide volontaire et coups et blessures. La chambre d’accusation a maintenu, au départ, dans son arrêt du renvoi daté du 12 septembre 2005, deux chefs d’inculpation. Le premier, c’est le meurtre contre une personne dénommée A. Mohamed et le second une tentative d’homicide volontaire perpétrée contre A. Omar. La sentence auait pu être plus lourde si ce n’était la brillante plaidoirie de la défense qui a pu déceler plusieurs zones d’ombre de cette affaire. Selon le rapport de la chambre d’accusation, c’est suite à une altercation qui s’est produite à bord d’un véhicule, le soir du 22 janvier 2004 à Draâ Ben-Khedda, par cinq individus en état d’ébriété, que l’irréparable a été commis. Cette dispute a eu lieu au départ, selon le représentant du ministère public, qui a requis la peine capitale, entre l’accusé et A.O. au sujet d’un bien. La dispute a pris une ampleur au point où le chauffeur est descendu carrément de son véhicule pour prendre la fuite. La victime n’a trouvé à faire que de s’interférer pour mettre fin à l’altercation entre les deux protagonistes, qui en sont arrivés aux mains. «C’est là que l’auteur H.O. a pris un couteau et asséna à la victime plusieurs coups», dira le procureur, alors que la seconde personne a essuyé un coup avec un objet tranchant, probablement un tesson de bouteille. L’autopsie a révélé, ajoute le procureur, les causes de la mort qui sont l’usage d’une arme blanche. Le réquisitoire du procureur de la République est battu en brèche par Chellat qui a assuré la défense du détenu. Il a soutenu que la chambre d’accusation n’a pas mis en exergue la motivation pour adopter les deux chefs d’inculpation, «d’autant plus qu’il n’ y a aucune preuve ni témoin qui culpabilise mon client», a t-il plaidé. «La raison juridique est fondée sur des éléments acceptables, dont vous puisez votre conviction», dira-t-il. Selon la version de la défense, il y a une quatrième personne qui est responsable de tout ce drame et qui ne s’est pas manifestée pour comparaître devant le tribunal, même en tant que témoin. «C’est F. Kamal qui a manipulé tout ce dossier et fabriqué tout ce tissu de mensonges», souligne la défense. Cette dernière s’est basée sur les déclarations du chauffeur du taxi qui a nié d’avoir vu un couteau lorsque l’altercation a éclaté. Elle a fondé également sa thèse sur un élément qu’elle a qualifié de très important que le parquet a négligé, à savoir le retour de F. Kamal sur les lieux de crime. Pour les avocats de la défense, «il s’agit du retour du criminel sur les lieux du crime, puisque c’est lui qui a découvert,plus tard le corps et donné le signalement à la police», ont-ils soutenu. Les arguments développés par la défense n’ont pas convaincu le jury. A l’issue des délibérations, il a écarté uniquement la tentative d’homicide volontaire en lui substituant le chef d’inculpation de coups et blessures volontaires. L’auteur a bénéficie également de circonstances atténuantes en raison de sa bonne réputation sociale et l’inexistence d’antécédents judiciaires.

M. Aït Frawsen

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