A l’occasion de la célébration de la journée mondiale des handicapés, le mouvement associatif de la ville d’Akbou a organisé mercredi dernier, au siège du CFPA-Féminin, une conférence-débat sur l’insertion des handicapés dans la société.
L’évènement a été organisé par l’association « Ikhoulaf » d’Akbou qui milite pour les droits des enfants victimes de séparation conjugale, en partenariat avec l’association des malades chroniques de la commune de Chellata. Avant d’entamer la conférence, un témoignage d’un handicapé a été projeté. La vidéo met en scène le parcours réussi d’un handicapé originaire de la ville d’Akbou, qui malgré son handicap, l’homme de 36 ans, a suivi une formation de secrétariat, puis il a décroché un travail dans son domaine, tout en fondant un foyer. En effet, devant un parterre d’élèves du CFPA « Fatma N’Soummeur », sis à Sidi Ali, sur les hauteurs de la ville d’Akbou, les conférenciers ont énuméré les problèmes et les obstacles auxquels les personnes handicapées font face dans leur vie quotidienne. Selon M. Aoudjit Sofiane, sociologue de formation et assistant social au sein de l’APC de Boudjellil, les personnes qui ont un handicap subissent en premier lieu des stigmatisations au sein de leurs familles et ensuite de la part de la société. « L’handicapé a besoin d’un soutien psychologique de la part des membres de sa famille et d’une insertion dans la société. Cependant, il est confronté à une marginalisation sociale et un état d’isolement. Pour tout cela, les pouvoirs publics doivent aménager des postes d’emploi spécifiques pour les handicapés », a-t-il martelé en ajoutant : « Il n’existe pas de coopérations et de partenariat entre les différentes institutions de l’Etat, dévolues à l’insertion des handicapés dans la société ». L’yazid Djerrah, président de l’association « Ikhoulaf » a évoqué pour sa part, un manque flagrant d’infrastructures et de centres adéquats pour la prise en charge de cette frange de la société et beaucoup de personnes handicapées n’ont pas accès aux soins ou encore à l’enseignement. Ce dernier a estimé aussi, que la pension mensuelle des handicapés, qui ne dépasse pas les 4 000 DA, ne répond pas à leurs besoins. Par ailleurs, M. Meziani Aissa, président de l’association des malades chroniques de la commune de Chellata, a insisté sur la nécessité de faire un dépistage précoce pour faire face à des maladies chroniques ou à d’éventuels développements de séquelles handicapantes. Enfin et selon les chiffres avancés par les conférenciers, la wilaya de Béjaïa a recensé plus de 19 mille handicapés dans tout le territoire de la wilaya.
Mohand Seghir Keddouh

