Désormais, l’Afrique en attente du concret !

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Le Sommet de l’Elysée pour la paix et la sécurité en Afrique a pris fin hier. Pour rappel, les travaux lancés la veille, ont vu la présence de pas moins de 52 chefs d’Etats et de gouvernements africains, dont le Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal, en sa qualité de représentant du président de République. Les travaux, qui se sont déroulés de bout en bout à huis clos, ont été ouverts par François Hollande. Intervenant, le Premier ministre algérien a mis l’accent sur la contribution de l’Union Africaine en faveur de la paix et de la sécurité qu’il a jugé « substantielle et « intégrée au système de la paix et de sécurité de l’ONU (…) ». M. Sellal a estimé par ailleurs, que l’action de l’UA « mérite d’être renforcée et consolidée par l’apport des partenaires extrarégionaux, selon les priorités définies par l’Organisation continentale qui participent à un processus destiné à permettre aux pays du continent de s’approprier leur sécurité et leur développement ».  Plaidant, à cet égard, pour le renforcement du partenariat, en cours entre l’UA et l’ONU, afin de « consolider les avancées enregistrées dans le cadre de la cogestion des conflits ». « Il est important d’accorder une attention particulière aux préoccupations légitimes exprimées par l’Afrique, s’agissant de sa représentation au sein du Conseil de sécurité », a soutenu le Premier ministre. Tout en rappelant, à cette occasion, le « manque » de moyens financiers de l’UA, soulignant que le groupe d’experts, dirigé par Romano Prodi, « définit un cadre approprié pour la mise en place d’un mécanisme de financement durable qui permette à l’Afrique de faire face à l’urgence des crises avec des ressources prévisibles, stables et suffisantes », M. Sellal a rappelé dans ce contexte, que l’Algérie « a apprécié le soutien exprimé par la France au principe africain, celui qui privilégie des solutions africaines aux problèmes africains ». Il a également souligné que l’Algérie « apprécie hautement » l’intérêt que la France porte pour l’instauration d’un partenariat « fécond et mutuellement avantageux » avec l’Afrique et qui pourrait « stimuler davantage les relations de coopération que le continent entretient avec des partenaires stratégiques de plus en plus nombreux et de plus en plus engagés à ses côtés ». Pour sa part, François Hollande, qui a réitéré la volonté de la France de rompre avec la politique traditionnelle de son pays en Afrique, a plaidé pour une force africaine d’intervention rapide. Le chef d’Etat français s’est engagé pour ce faire, à fournir une aide, en formation et encadrement, si le continent se dotait d’une force de réaction rapide pour répondre, a-t-il dit, à « toutes les menaces », citant le terrorisme, les trafics de drogues, d’armes, d’êtres humains, d’espèces protégées ou encore la piraterie. « Cette lutte contre tous ces trafiquants doit être implacable, car il y a un lien entre ces trafiquants et les groupes rebelles qui déstabilisent les Etats », a-t-il estimé insistant sur la nécessité que « l’Afrique assure pleinement, par elle-même, sa sécurité ». Tout en concédant que cette affirmation pourrait paraitre à contre-sens de la décision qu’il a pris la veille pour ordonner une intervention militaire en Centrafrique, M. Hollande a dit la disposition de son pays à apporter « tout son concours à cette force » en fournissant « des cadres militaires » et en participant « à des actions de formation ». « La France peut entraîner, chaque année, 20 000 soldats », a-t-il ajouté. Tout en réaffirmant l’engagement de la France à mettre sur pied la ‘‘Fondation franco-africaine pour la croissance’&lsquo,; le président français a annoncé que les niveaux d’échanges commerciaux entre son pays et l’Afrique vont « doubler durant les cinq prochaines années » pour atteindre ‘‘20 milliards d’euros’&lsquo,; exigeant, en contrepartie, de la ‘‘transparence’‘ et de la ‘‘bonne gouvernance’‘ dans la relation. Le président de la Commission européenne, José Manuel Baroso, a estimé lui qu’ « Au-delà de nos relations de pays à pays, c’est aussi en tant qu’Europe et en tant qu’Afrique que nous devons coopérer » a-t-il préconisé. M. Baroso a annoncé à l’occasion, la mobilisation par l’UE de « 50 millions d’euros additionnels, à travers la facilité africaine, pour le soutien de la mission de paix en Centrafrique ». En somme que de déclarations de bonnes intensions. Cela dit, en attendant le concret, la question de l’heure qui tarabuste les Africaines et les Africains, c’est de savoir jusqu’où la France, qui avait convoqué ce sommet prévu de longue date, et aussi l’Europe, pourraient-elles aller pour honorer leurs promesses, toutes leurs promesses ?

Sadek A.H.

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