Les soldes à tout va !

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Les soldes en Algérie peinent à s’enraciner dans les mœurs des consommateurs.

Ce constat est fait par de nombreux spécialistes et experts du domaine qui incombent la responsabilité d’une part, aux institutions de l’Etat chargées de la réglementions et du contrôle, et d’autres part, aux commerçants qui ne respecteraient pas toujours la règlementation en vigueur. En effet, la pratique des soldes ou des ‘’ liquidations’’, est mentionnée dans le Journal Officiel N° 41 du 21/06/2006.  Tout y est défini, à commencer par la durée : « Deux fois par an, en janvier-février, pendant la saison hivernale et juillet-août en été les ventes en solde sont autorisées durant six semaines en continue». Les démarches que doivent entreprendre les commerçants pour pratiquer les ventes en solde sont aussi citées: « La copie de l’extrait du registre de commerce ou, le cas échéant, la copie de l’extrait du registre de l’artisanat et des métiers, la liste et les quantités des biens devant faire l’objet des ventes en soldes, les réductions de prix à appliquer ainsi que les prix pratiqués auparavant. Tout dépôt de dossier conforme donne lieu à la délivrance, séance tenante, d’une autorisation qui permet à l’agent économique d’entamer les ventes en soldes durant la période fixée ». Il y a également les sanctions en cas d’infraction qui sont réglementées. Pourtant, les entorses à ces règles ne manquent pas, du moins à l’échelle de la wilaya de Bouira. Ainsi, durant les soldes d’hiver 2013, une anarchie généralisée a été constatée. D’ailleurs, le directeur de la chambre de commerce de la wilaya, M.  Samir Abdelmalek, n’avait pas manqué de le déplorer. Ainsi, il nous avait déclaré au mois de février dernier que « l’objectif de notre organisme est de sensibiliser les commerçants à une pratique saine des soldes, le tout dans le respect total de la loi ». A cet effet, il nous avait également fait savoir que son organisme avait lancé un programme de sensibilisation des commerçants, avec distribution de prospectus et autres recommandations à suivre. Ce même responsable, que nous avons rencontré hier, était en plein travail de préparation pour les prochaines soldes du début de l’année 2014. Il notera : « Cette année, nous avons décidé de mettre les bouchées doubles, afin sensibiliser les commerçants et les citoyens quant à l’importance des soldes et, surtout, au respect de la légalisation ». Interrogé sur ladite campagne, notre interlocuteur signalera tout d’abord que « la chambre de commerce de Bouira peut se targuer d’avoir été la première, à l’échelle nationale, à lancer cette opération l’année dernière », et d’ajouter : « Pour les prochaines soldes, nous espérons toucher le maximum de commerçants et nous en avons les moyens», a-t-il martelé. Interrogé à propos du contrôle et des moyens mis en place pour le garantir, ce responsable soulignera que son département n’est pas concerné par cela. « Adressez-vous à la direction du commerce », nous indiquera-t-il. Chose que nous avons tenté de faire, mais le directeur du commerce était trop pris avec la réception des citoyens (mardi, journée de réception, Ndlr).

La foire de toutes les infractions

Quoi qu’il en soit, le contrôle est, de l’avis de tous, le « maillon faible » qui permet à certains commerçants, qui n’ont cure de la loi et de son respect, de l’enfreindre impunément. La preuve la plus flagrante à cela, on la trouve au niveau du stade Rabah Bitat de Bouira, où se tient, depuis le 30 novembre dernier, une grande foire. Les commerçants installés proposent impunément des soldes à -20, -30 et même -60% de réductions sur certains articles. Certains d’entre eux ‘’ défient’’ carrément les inspecteurs de la direction du Commerce. « Qu’ils viennent ! Ils ne peuvent rien nous faire, c’est une foire, et une foire, c’est fait pour faire des soldes », rétorquent-ils. Ces exposants ont raison quelque part, mais ils doivent néanmoins mentionner, sur leurs pancartes, le terme « soldes » au lieu de « promotions ». La différence est de taille. Pour le premier, la législation stipule qu’ils sont autorisés uniquement pendant les deux (2) périodes citées de 6 semaines, dont les dates sont fixées par décret (wali, Ndlr). Pour le second, il n’y pas de date fixe, mais la période de promotion doit être clairement spécifiée. De ce fait, les commerçants rencontrés, sont clairement en infraction, mais demeurent impunis faute de contrôle adéquat. A travers tout ce qui a été relaté on comprend aisément qu’en dépit des efforts entrepris par l’Etat afin de réglementer cette pratique, quand le contrôle ne suit pas, tout s’écroule comme un château de cartes.

 Ramdane Bourahla

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