Ni commerces, ni café, ni…

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À l’instar des autres villages de la municipalité d’Ighil Ali, Mouka, distant de 12 kms du chef-lieu communal, est en proie à l’enclavement et au sous-développement.

Ce village a connu une vague d’exode rural sans précédent, dans les années 1990, à cause du terrorisme. Actuellement, quelques 400 habitants seulement vivent encore dans ce patelin. Les habitants qui sont partis s’installer ailleurs, n’y sont pas revenus, ou reviennent juste pour la cueillette des olives ou pour passer leurs vacances d’été sinon, le village demeure dans la léthargie. « Nous n’avons ni commerces, ni cafés dans notre village. Le transport public n’y est pas assuré il faudra louer un taxi clandestin à 400DA la course, pour des besoins vitaux, comme celui d’aller consulter un  médecin, ou faire ses emplettes », nous dit un habitant, fonctionnaire de son état. Pour vivre dans ce village isolé il faut être véhiculé et avoir de « solides » revenus, à même de faire face à la rudesse des conditions de vie. Les Moukaouis sont connus pour leur solidarité leur entraide et leur communion, ce qui maintient encore les liens affectifs entre les habitants. Il y a des années de cela, les habitants ont dû cotiser pour capter les eaux des deux sources qui alimentent actuellement le village. Un projet qu’ils ont réalisé par eux même et pour eux même. Mouka, par le passé était très connu pour sa production d’un raisin de grande qualité. Un ancien Moudjahid, les 80 ans passés, raconte qu’avant la guerre de libération nationale, les paysans du village tenaient un marché de raisin à la sortie du village pour écouler ce fruit tant adulé. « Des clients venaient de Sétif, de Constantine et de beaucoup d’autres localités, pour acheter ce raisin au goût exquis, cultivé sur les champs abruptes du village haut perché », témoigne notre interlocuteur. Les Moukaouis sont également connus pour être d’excellents pâtissiers et boulangers, d’ailleurs, nous dit-on, à Oran, à Alger ou à Constantine, beaucoup de boulangeries et pâtisseries sont tenues par des citoyens originaires de cette localité.

Syphax Y

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