Entamée vers la fin du mois de novembre dernier, la compagne oléicole 2013/2014 touche déjà à sa fin. La campagne oléicole s’annonce cette fois «décevante» à travers la wilaya de Bouira. De l’avis général, la production a connu, cette année, un recul conséquent par rapport à la saison dernière. La direction des services agricoles (DSA) parle d’un manque à gagner de l’ordre de 50 à 60% par rapport à l’exercice précédent. «Si la récolte 2012/2013 a atteint le seuil de 6,5 millions de litres d’huile d’olive, cette fois on se contentera visiblement d’une maigre moisson de 3 à 3,5 millions de litres », estime M. Morsli, le Premier responsable du secteur agricole qui attribue cette baisse de la production à de nombreux facteurs, dont les maladies qui ont touché les vergers oléicoles, la faiblesse de la pluviométrie et le manque d’entretien des plantations. « La régression de la production prévue, cette année, est due à certains facteurs climatiques, notamment la pluviométrie, les vents violents et les incendies qui ravagent annuellement des centaines d’oliviers. Ajouté à cela, l’abandon et le manque d’entretien des oliviers, conjugués à l’exode rural qui frappe encore plusieurs villages de la Kabylie », explique le même responsable. Pour les professionnels, cette baisse n’est pas considérée comme importante du fait qu’elle sera meilleure que celle de 2005, une année durant laquelle la récolte a été des plus désastreuses en raison d’un enneigement rare. Pour l’heure, la campagne a été entamée dans plusieurs localités de la wilaya, notamment celles situées à basse altitude. Celles situées en région montagneuses, telles que M’Chedellah et Ath Leqsar, les mêmes services estiment qu’en raison du manque d’entretien engendré par l’abandon de l’activité par les populations locales, le rendement demeure irrégulier. Toujours dans le même sillage, notre interlocuteur affirme les 200 huileries que compte la wilaya de Bouira ont déjà commencé leur travail, avec souvent des quantités ramenées généralement des régions de l’ouest du pays, afin de parer aux rumeurs qui circulent ces derniers jours, faisant état de la nocivité de l’huile de cette année. À ce propos, notre interlocuteur affirme : « Nos services ont été saisis par des citoyens qui s’interrogeaient sur la bonne qualité de l’huile, car ayant entendu des rumeurs comme quoi l’huile de cette année devrait faire l’objet d’analyses auprès de laboratoire avant d’être consommé je tiens à rassurer les populations en leur disant que l’huile est saine et qu’aucun risque n’est encouru pour le consommateur. Cette rumeur distillée n’est aucunement fondée, les oléiculteurs savent par expérience qu’aucune contamination n’est possible ». Et à propos de la nature de ces rumeurs, notre interlocuteur explique : « De nombreux vergers oléicoles, notamment dans certains villages des communes d’Ath Rached et d’Ath Leqsar, ont été atteints par le parasite Dacus dit, la mouche blanche. Une atteinte qui explique que les oliviers aient souffert des pluies tardives du mois de juin alors que le fruit était en fleur. Ensuite, la canicule suivie d’une sécheresse, ont compromis la maturité du grain. La mouche qui se trouvait à l’intérieur de l’olive a empêché le grain de grossir et il s’est détaché de l’arbre avant maturité complète. Toutefois, cela n’influe en rien sur la qualité de l’huile de cette saison. Les agriculteurs peuvent même ramasser les grains tombés par terre, puisqu’ils ne sont nullement atteints et peuvent être triturés plus normalement !», rassure notre interlocuteur. Cette baisse de la récolte ne fera qu’augmenter le prix de l’huile d’olive, de plus en plus prisé par les ménagères. Il atteindra sûrement les 700 DA le litre, comme cela a été le cas durant les années à faible rendement, notamment pour l’huile produite selon des procédés traditionnels et moins acides. C’est le cas de la wilaya de Bouira, connue pour ses oliveraies ancestrales, où la production réalisée, l’année passée, était de 800.000 quintaux, représentant une jauge de 6,5 millions de litres.
Oussama K.
