Chaque année, en pareille occasion, c’est le même scénario qui se répète en dépit des mesures draconiennes prises par les services de police et des douanes.
En effet, strictement interdits à la vente, les produits pyrotechniques sont disponibles en grande quantité dans les rues d’Alger et d’ailleurs, et ce, au vu et au su de tous. Il est vrai que comparativement aux années précédentes, une régression sensible des commerces de ces produits a été remarquée, mais rien n’empêche, ils demeurent florissants à l’approche de la célébration du Mawlid Ennabaoui Echarif. Faut-il incomber la responsabilité à la perméabilité des frontières et à la permissivité des agents de la PAF ? Oui dans la mesure où les saisies opérées par les douaniers sont légions, ces dernières semaines, ce qui amène à dire que lorsque la vigilance baisse, le passage de ces produits, généralement ramenés de Chine, alimente les réserves des affairistes véreux. Il faut préciser que ce type de commerce suscite un intérêt grandissant en raison des gains énormes qu’il procure. En effet, selon une estimation des services des douanes, pour un conteneur de pétards d’une valeur de 2 millions de dinars, les profits réalisés peuvent atteindre les 28 millions de DA. Raison pour laquelle, la mobilisation des services de police conjuguée à la vigilance des douaniers ne sauraient mettre un terme à la prolifération de ces produits pyrotechniques, allant du simple pétard jusqu’au fusil de divertissement. Il y a quelques semaines, les services des douanes du port d’Alger ont déjoué une tentative d’importation frauduleuse de quatre containers bourrés de produits pyrotechniques, d’une valeur totale de dix milliards de centimes. C’est dire, que malgré leur interdiction, le pays n’a jamais réellement manqué de ces produits. D’ailleurs, ils sont vendus publiquement. Par ailleurs, pour contenir ce phénomène qui occasionne des blessures graves et parfois mortelles, des voix s’élèvent çà et là pour proposer des solutions à même de juguler ce phénomène. C’est, entre autres, l’exemple du président de l’UGCAA, M. Tahar Boulenouar, qui a émis la suggestion selon laquelle il serait préférable d’autoriser ces produits pyrotechniques afin de mieux réglementer et organiser le marché plutôt que de les interdire, mesure jamais réellement appliquée. Comme argumentaire à cette solution simple mais radicale, Boulenouar avance que la vente de pétards est interdite depuis une loi de 1963, un texte « impossible à appliquer ». Mais cette solution saura-t-elle convaincre les services de sécurité de son bien fondée quand il n’est un secret pour personne que ces produits sont « très sensibles et considérées comme de la matière première utilisés par les groupes terroristes pour la fabrication d’explosifs », selon l’avis d’un spécialiste. Selon d’autres, si la vente de ces produits pyrotechniques venait à être autorisée, cela éviterait à coup sûr l’existence de certains produits très dangereux, ramenés frauduleusement de contrées lointaines et qui causent parfois la mort ou l’incapacité aux utilisateurs indélicats. Entre ceux qui maintiennent leur interdiction pour les motifs cités plus haut et ceux qui préconisent leur vente libre pour mieux les contrôler, il faudrait trouver le juste milieu pour faire de la journée commémorant la naissance du prophète celle de réjouissance et non de deuil.
Ferhat Zafane

