Le manque de moyens de transport constitue un sérieux problème pour les habitants de la quasi-totalité des villages de la commune d’Amalou.
Cette situation qui ne cesse de se confirmer au fil des mois, pénalise fortement les villageois habitant des contrées situées en majorité en zone montagneuse. Les villages situés à l’extrémité nord du territoire de la commune d’Amalou n’ont jamais été desservis par des fourgons de transport depuis l’indépendance du pays. On peut citer, entre autres, les villages Béni Djaâd, Beni Djemhour, Tizi Lamnaa ou encore Tighermine. Par ailleurs, des représentants issus de ces villages, ont organisé dernièrement, une rencontre avec M. Azzoug Djamel, P/APC d’Amalou, pour lui signaler le manque flagrant de fourgons dans leurs villages respectifs tout en le sollicitant à trouver une solution urgente à leur marasme. Les habitants de ces villages sont dans l’obligation d’acheminer, quotidiennement, plusieurs kilomètres à pied pour pouvoir prendre un fourgon. « Nous sommes obligés de se rendre à pied au chef-lieu communal pour trouver un fourgon », regrette, sur une pointe d’amertume, un habitant de Tighermine. Les usagés estiment que le problème ne réside pas dans le nombre de fourgons qui est suffisant à leurs yeux. Ils estiment, cependant, que la ligne Amalou-Akbou est caractérisée par une anarchie totale. Chaque matinée, les fourgons prennent position au chef-lieu communal sans daigner se déplacer aux autres villages pour faire des départs à partir de ces contrées éloignées. « A l’exception d’un fourgon ou deux qui retournent à leur point de départ, à savoir Ighil N’Tala, les autres se massent au chef-lieu communal », dénonce un habitant du village Ighil N’Tala. Les habitants dudit village, notamment les travailleurs, trouvent du mal à rejoindre leurs lieux de travail après sept heures du matin, car les quelques fourgons qui quittent le village de 6 à 7 heures ne reviennent pas à leur point de départ. Même les habitants du village Biziou ne sont pas épargnés par cette situation. En effet, les fourgons démarrant à partir du chef-lieu d’Amalou ne laissent pas de places libres pour transporter les habitants de Biziou. En faisant la navette, ces fourgons ne quittent pas leur stationnement à Amalou qu’après que toutes les places soient occupées. « À la grande insouciance des transporteurs, les usagés ne savent plus à quel sait se vouer pour sortir de cette situation qui leur pourrit la vie. Toutefois, le manque de transport arrive à son apogée en été où un grand nombre de transporteurs quittent la ligne Amalou-Akbou pour se consacrer au transport des estivants vers les plages ou pour participer à des cortèges nuptiaux, laissant ainsi les usagés à leur sort. Pour beaucoup de personnes de la commune d’Amalou, rejoindre l’autre rive de la Soummam relève du véritable parcours du combattant. D’autant que les démarches pour régler ce problème n’existent pas et le ras-le-bol des habitants persistera encore pour d’autres mois ou peut être pour plusieurs années. « Nous sollicitons le P/APC de notre commune et la direction de transport de Béjaïa d’intervenir pour régler à jamais cette situation », a interpellé un habitant d’Ighil N’tala.
Keddouh Mohand Seghir
