Le problème des indus occupants des logements persiste encore au niveau de la wilaya de Tizi-Ouzou. Un fléau qui concerne encore 1 049 logements répartis aux quatre coins de la wilaya. Selon le directeur de l’Office de promotion et de gestion immobilière de la wilaya, M. Ahmed Ladj, “les squatteurs” sont à l’origine d’un manque à gagner estimé à plus de 15 milliards depuis le début du phénomène, il y a 12 ans.Le litige entre les vrais bénéficiaires et l’OPGI, d’un côté et les squatteurs de l’autre, est un problème qui date de la crise du printemps noir en Kabylie. 12 ans plus tard, la situation est toujours la même. Il s’agit d’un dossier épineux que les instances concernées ont du mal à traiter. L’administration, mais surtout la justice, qui a été saisie, ont activé le processus de récupération de ces biens, au terme des événements en Kabylie. Selon le directeur de l’OPGI à Tizi-Ouzou, ils sont désormais 1 049 logements concernés par ce phénomène. Un état de fait, ajoute le responsable, qui est derrière un manque à gagner, pour l’office, estimé à plus de 151 millions de dinar. Ahmed Ladj estime, en effet, qu’ “ avec une moyenne de mille dinars par mois par logement, sur une année, pour les 1.049 habitations, le manque à gagner pour l’office est de 1, 2588 milliard de centimes”. Ainsi, et à ce jour, l’OPGI a perdu un total de plus 151 million de dinars. Il ajoute que les squatteurs ne paient “ ni eau ni électricité. Ils sont alimentés grâce à des piratages des réseaux de distribution destinées aux cités et autres habitations limitrophes”. Le directeur citera d’ailleurs les 276 logements recensés à Tizi-Ouzou, commune qui occupe d’ailleurs la première position par rapport au nombre des logements squattés, suivie de Draâ El Mizan (207), Boghni (121), Béni Douala (96), Tadmaït (60) et Tizi Gheniff (70) cas. D’autre part, le directeur affirme que “certains cas ont pu être réglés par les bénéficiaires”. Il expliquera que certains « vrais propriétaires », possédant des actes d’attribution ont tenté des actions individuelles en justice, qui ont abouti. « C‘est beaucoup plus facile d’obtenir gain de cause, par ce genre d’action », dira-t-il. Pour la suite à donner à la situation de ces logements pris “en otage», le directeur souligne la “délicatesse de la situation”. Il affirme, néanmoins, l’impact que peut apporter le soutien de la population. Il cite, d’ailleurs, le cas de Fréha, où, pour rappel, les 100 logements sociaux de la région ont pu être récupérés l’année dernière “par la force publique. Mais surtout grâce à l’implication de la population qui a dénoncé certaines pratiques au niveau de la cité», affirme le directeur. D’autre part, il faut dire que ces logements abritent, même illégalement, des familles qui n’ont pas où aller. Chose qui rend la tâche encore plus difficile. Le responsable, écarte toute régularisation de leurs situations, qui risquerait de conduire à d’autres actions similaires à l’avenir. Car d’autres logements achevés pourraient être exploités de la même manière faute d’attribution. Il souligne, néanmoins, que la solution serait de “ mettre en place une commission de daïra qui se chargerait d’étudier les cas de ces squatteurs individuellement pour leur donner la chance de bénéficier d’un autre logement“. En attendant un dénouement heureux à ce problème qui perdure, les bénéficiaires sont toujours dans l’expectative espérant à chaque fois récupérer leur bien.
Tassadit Ch.
