Avant-hier, l’Assemblée populaire de wilaya a achevé sa session ordinaire par un débat autour du secteur de la santé.
Les multiples remarques faites par les élus lors de leurs interventions ont été dans leur majorité citées dans le rapport présenté par la commission santé. La présidente de cette commission a innové en illustrant la lecture de son rapport par la projection de photos, en guise de preuves quant au délabrement des structures et des équipements de ce secteur. « Le mauvais entretien, le manque d’équipements et de personnel qualifié n’ont pas permis une bonne prise en charge des malades, bien que le nombre d’infrastructures existantes dans la wilaya de Béjaïa la place parmi les plus nanties au niveau national », soulignera-t-elle. Les interventions des élus ont mis en évidence les difficultés rencontrées quotidiennement et, surtout, les lenteurs des pouvoirs publics dans la concrétisation du projet d’implantation d’un véritable CHU. Le débat a remis en cause le rapport, jugé prétentieux, lu par le directeur de la santé et de la population, à l’ouverture de la séance. Celui-ci rappellera que le secteur dispose, à Béjaïa, d’un CHU de 570 lits, cinq hôpitaux, un établissement de rééducation et réadaptation fonctionnelle, 51 polycliniques, 203 salles de soins et 9 structures privées, dans lesquels travaillent une trentaine d’hospitalo-universitaires, 220 spécialistes, 539 généralistes et 2739 paramédicaux. Le taux de natalité est de 16,67 %, soit une moyenne de 3 accouchements par jour, et le taux de mortalité en milieu hospitalier, est de 2,12 %. Le secteur de la santé offre un lit pour 616 habitants et le taux d’évacuation hors wilaya est de 0,02 %, concernant des cas relevant des spécialités inexistantes dans la wilaya, notamment la chirurgie cardiaque et les brûlés. Le cas de l’hémodialyse a été également évoqué. Il y a 9 centres d’hémodialyse, dont 5 privés, pour 464 malades dialysés et 76 en liste d’attente. D’ailleurs, pour prendre en charge cette liste d’attente, il est attendu de la direction générale de la CNAS d’agréer les 3 centres privés qui ont en émis le vœu. Entre autres difficultés rencontrées, le directeur soulèvera le cas des zones enclavées, dont la couverture médicale n’est pas assurée par manque de moyens humains. La localisation d’un terrain pour le CHU, la proposition de création d’un hôpital de 120 lits à Akbou et de deux autres de 60 lits chacun à Béni Maouche et Adekar, font partie des objectifs pour l’exercice en cours. Le directeur général du CHU, de son côté parlera du défi relevé de lancer le CHU en mettant, notamment, en place des urgences gynéco-obstétriques et une unité de sénologie à la maternité de Targa Ouzemour, ainsi que la création, dès la semaine prochaine, du service de cardiologie que prendront en charge deux cardiologues qui y seront installés. Toutefois, il reconnaîtra que créer un CHU sur les bases de la composition de trois structures hospitalières, aux différentes missions, a engendré des changements profonds dans le fonctionnement, d’où l’inadaptabilité de ces structures aux missions d’un CHU, notamment pour les soins de haut niveau et de la recherche.
A. Gana

