Chaffaï Bouaïche, lors du conseil fédéral du FFS de Béjaïa – « Khaled Tazaghart doit remettre son mandat parlementaire »

Le chef du groupe parlementaire du FFS, Chaffaï Bouaïche, a appelé, lors de son intervention, à l’occasion du conseil fédéral du FFS de Béjaïa, tenu au niveau du TRB, le désormais ex-fédéral du FFS de Béjaïa à remettre son mandat de député.

«Quand Karim Tabbou a démissionné du FFS, Khaled Tazaghart lui a demandé de remettre son mandat parlementaire. Alors, j’appelle M. Tazaghart à faire de même », a-t-il lancé à l’adresse du chef de fil du mouvement de dissidence du FFS, Khaled Tazaghart en l’occurrence. Par ailleurs, M. Chaffaï Bouaïche s’en est pris vertement  au wali de Béjaïa, l’accusant de vouloir casser les partis politique à fort ancrage en Kabylie : « Le wali de Béjaïa, Hamou Ahmed Touhami, a été chargé d’une mission par le pouvoir, consistant à casser les partis politique en Kabylie. C’est lui qui a délivré des autorisations aux dissidents du FFS pour organiser des meetings à Chemini et à Tamridjt », a-t-il affirmé. Bouaïche ira même plus loin, en qualifiant le premier magistrat de la wilaya de « corrompu » : « On nous a envoyé un wali voyou et corrompu pour diriger la wilaya de Béjaïa, qui compte plusieurs martyrs ayant payé un lourd tribut pour l’Indépendance du pays. Ce wali offre les terrains du Calpiref à des gens qu’il connaît. Je n’ai pas peur de le dénoncer et je suis prêt même à demander la levée de mon immunité parlementaire s’il veut me poursuive en justice », a-t-il défié. Il est à signaler, par ailleurs, qu’une vingtaine de militants de la section FFS de la commune de Tibane ont démissionné avant-hier, des rangs du parti. Et la saignée continue… Intervenant, à la même occasion,  le 1er secrétaire national du parti, Ahmed Bettatache, a affirmé quand à lui que le futur Président de l’Algérie sera de nouveau imposé par le système. « Celui qui croit que c’est le peuple qui choisira le futur président de la République, le 17 avril prochain, se trompe lourdement. Car, tout porte à croire que ces élections seront de nouveau fermées. Les conditions pour la tenue d’un scrutin universel libre ne sont pas encore réunies », a déclaré d’emblée, Ahmed Bettatache. Ce dernier maintiendra néanmoins le suspens quant à la question de la participation du FFS aux prochaines échéances électorales. « Beaucoup de gens attendent la position du parti quant aux élections présidentielles du 17 Avril. Je réaffirme que la question de notre participation ou pas à ce scrutin sera tranchée au moment opportun », s’est-il contenté d’annoncer. Dans ce sillage, l’orateur révèlera que le plus vieux parti de l’opposition subit actuellement des pressions pour être derrière le candidat du système. « Nous subissons des pressions de la part des cercles du pouvoir pour soutenir leur candidat, Ali Benflis. On nous promet même, en contrepartie, des postes ministériels. Je dis donc à ces cercles occultes que le FFS ne fonctionne pas comme ça », a-t-il ajouté sous les applaudissements des dizaines de militants et sympathisants du parti à Béjaïa. M. Bettatache poursuivra en expliquant que la stratégie du FFS ne consiste pas à s’élever contre le système, mais à négocier avec lui pour aboutir à des changements pacifiques, sans effusion de sang. « Notre démarche n’est pas de lutter contre le système, car cela risque d’engendrer une guerre civile, comme c’est le cas dans les pays qui ont connu le printemps arabe. Ce n’est pas non plus d’entrer dans le système pour le changer de l’intérieur, car plusieurs partis s’y sont essayés et s’y sont noyés. Notre stratégie est de négocier avec le système pour arracher des acquis démocratiques et des changements positifs pour le peuple algérien. Nous n’avons pas honte d’affirmer que le FFS négocie avec le pouvoir, parce que cela se fait non sous la table, mais en toute transparence », a précisé Ahmed Bettatache. Dans un autre chapitre, Ahmed Battatache s’est exprimé sur la crise que connaît le FFS de Béjaïa, notamment les démissions collectives de ses militants : « ces manœuvres relèvent d’un agenda politique prémédité. J’ai des doutes quant à la vrai motivation des démissionnaires, leur décision ayant été prise à la veille de la tenue du conseil national du parti, le 2 janvier dernier, et à l’approche des élections présidentielles. Le timing choisi par ces désormais ex-militants confirme que leur démission obéit à un agenda politique prémédité par des cercles occultes du pouvoir, visant à fragiliser le FFS », a-t-il indiqué.

Boualem Slimani