Les enseignants montent au créneau

Partager

Un constat alarmant est dressé par les enseignants du lycée de Bir-Ghbalou, une localité située à une trentaine de kilomètres à l’Ouest de Bouira. Depuis le début de l’année scolaire, l’établissement en question a été paralysé par plusieurs journées de grèves. Les griefs retenus par les professeurs mécontents à l’encontre de leur administration ont trait aux décisions prises en conseil des classes, souvent désavouées.  Dans une déclaration adressée aux différents responsables, notamment ceux de la direction de l’éducation de Bouira, les enseignants mécontentent de la situation qui prévaut au sein de leur établissement, énumèrent leurs revendications. « La grève se renouvelle pour la troisième  fois cette année, pour dénoncer le comportement de certains élèves qui se rebellent et deviennent menaçants à chaque fois que les notes ne leurs plaisent pas ou qu’un de leurs professeurs leur demande de se montrer plus respectueux. Ces éléments recourent systématiquement à la casse », lit-on dans cette déclaration. Les rédacteurs affirment également que le déplacement du directeur de l’éducation au niveau de leur établissement n’a pas eu le résultat escompté : « Le problème a déjà été soulevé auprès du directeur de l’éducation nationale de la wilaya de Bouira. Ce dernier s’est rendu sur les lieux, mais sa visite fut sans résultat… aucun changement n’a été constaté ». Dans la même déclaration, les enseignants accusent clairement la direction de l’établissement d’avoir échoué dans sa mission : « …le directeur ‘’provisoire’’ de l’établissement refuse de faire son devoir, inspirant ainsi le laxisme à toute l’équipe administrative qui n’arrive pas à maîtriser les élèves, les laissant errer dans les couloirs, transformer les salles de classes vides en discothèques ou s’absenter sans avoir  besoin de justifier leur absence pour obtenir un billet d’entrer », écrivent-ils.  Pour mettre fin à cette situation jugée intolérable par l’ensemble des enseignants grévistes, ces derniers conditionnent la reprise des cours, par la soumission au conseil de discipline des élèves perturbateurs : « Les grévistes n’attendent que des conseils disciplinaire contre les élèves qui sèment le désordre dans l’établissement pour reprendre le travail».  Contacté par nos soins, le chargé de communication de la direction de l’éducation de Bouira nous a informés que le premier responsable de la direction se rendra une seconde fois au lycée de Bir-Ghbalou. Le même responsable prévoit également de réunir les différents antagonistes pour tenter d’amorcer la situation.   Il y a lieu de signaler que le secteur de l’éducation dans la wilaya de Bouira n’a pas fini de subir le vent de la contestation qui le secoue. Depuis la rentrée scolaire, cette contestation n’a cessé de gagner du terrain. Plusieurs établissements ont organisé des sit-in et des grèves. C’est le cas du lycée Taleb Sâad, à Aïn-Bessem, où les enseignants ont observé deux journées de grève la semaine dernière, pour dénoncer la situation d’insécurité qui prévaut au sein de leur établissement. La même situation est également signalée au niveau du lycée El-Ghazali, de la localité de Sour El Ghozlane, au sud de la wilaya, où les problèmes d’insécurité de surcharge des classes et de manque des effectifs, perdurent depuis plusieurs années déjà et où des incidents violents sont régulièrement signalés entre les élèves et des individus étrangers à l’établissement. Face à ces mouvements de grève, certes légitimes, les parents d’élèves ne cachent plus leur inquiétude quant à la scolarité et l’avenir de leurs enfants. Ils le font d’ailleurs savoir, en réclament l’intervention rapide des pouvoirs publics pour mettre un terme à cette situation. Au nouveau lycée d’Aïn-Lahdjar, c’est une cantine que les enseignants et les élèves réclament depuis presque trois ans. Ces derniers n’ont cessé d’organiser des journées de grèves et des sit-in, depuis tout ce temps. 

Oussama K

Partager