Des enseignants des deux paliers, primaire et moyen, sont montés, hier matin, au créneau pour dénoncer l’absence de conditions nécessaires pour passer leur stage de formation, au niveau de l’Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou. Ils étaient, en effet, environ 600 enseignants, convoquées pour des cours de mise à niveau, à avoir tenu un sit-in au niveau du portail principal du Campus de Hasnaoua. Selon certains enseignants, joints par téléphone hier, la plupart d’entre eux sont en fin de carrière. Raison pour laquelle, explique une enseignante, ils ont créé un collectif composé de deux représentants de chaque daïra pour dénoncer ces conditions de stage qu’ils qualifient « d’humiliantes ». La même enseignante relatera que la tutelle les a contactés pour prendre part à une formation continue, qui se déroulera au niveau de l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou. Elle ajoutera que près de 2000 enseignants différents paliers devaient y prendre part. « Quand on nous avait appelés, la première fois, ils nous ont précisé que les enseignants qui dépassent les 45 ans ne sont pas concernés par cette formation dont la durée est d’une année. Ils nous ont dit que ces personnes seront automatiquement intégrées. Mais une fois sur place, nous avons constaté que la majorité enseignants présents pour le stage sont tous âgés », a-t-elle affirmé en poursuivant : « Outre le fait que la plupart ont déjà plus de 25 ans de service, il faut voir dans quelles conditions ils veulent nous faire cette formation. Vous savez, pour retirer le formulaire, c’est toute une histoire. Sans parler de la longue queue qui s’est formée. Un étudiant s’est même permis de se moquer de nous, en disant si nous voulions, il nous ramènerait des jetons. C’est une situation humiliante pour un enseignant, avec tant d’années de service ». Cette dame expliquera, par ailleurs, que cette formation devait se dérouler sur une durée d’une année. « Cette formation devait se dérouler à Hasnaoua, durant une année et de manière fractionnée, soit durant les week-ends et les vacances, avec une soutenance et un mémoire de fin d’études. Mais hélas…», regrette t-elle. Elle conclura en ajoutant : « Nous nous sommes donnés rendez-vous, samedi prochain, pour une autre journée de protestation, devant la faculté Mouloud Mammeri ». À cet effet, une autre enseignante de la ville des Genêts indiquera que le collectif s’est réuni, en fin de matinée, pour décider de la prochaine démarche à suivre. Et c’est ainsi qu’une marche, du campus vers le siège de la wilaya où vers la direction de l’éducation de Tizi-Ouzou, a été décidée pour la même journée de samedi. Cette enseignante a également tenu à dénoncer la surcharge du programme. « Nous nous sommes réunis, et ce qui nous dérange le plus est la surcharge du programme », dit-elle, ajoutant que l’ensemble des enseignants est déterminé à aller jusqu’au bout pour dénoncer cette situation. Ils ont même, affirme-t-elle, préparé une plate-forme de revendications qu’ils rendront publique au cours de la semaine.
Samira Bouabdellah
