Avec le retour du froid, c’est la peur, dans les régions montagneuses, de l’enclavement qui ressurgit. Les premières neiges, si elles ont été bien accueillies par les enfants, ont rappelé à chacun, les fortes chutes de l’année dernières et les conséquences qui les ont suivies : routes bloquées, villages coupés du monde pendant plusieurs jours, pénuries de gaz butane et même de nourriture. On s’était rendu compte que les zones exposées à l’enneigement ne disposaient même pas de réserves suffisantes de sel ou de sable, encore moins de chasse-neige. Sans l’intervention salutaire des forces de sécurité et de l’armée qui ont dégagé des voies et acheminé les secours, et ont permis d’éviter des drames. Si les gens sont inquiets, c’est parce qu’ils ignorent si, cette année, des mesures de prévention ont été prises par les autorités locales pour parer à des intempéries de l’ampleur de celles de l’année dernière. Y aura-t-il suffisamment de chasse-neiges ? Le gaz butane sera-t-il disponible en quantités suffisantes ? Et les stocks alimentaires ? Ne comptant que sur eux-mêmes, beaucoup de montagnards ont d’ores et déjà pris leurs précautions. Ils se sont constitués des stocks alimentaires, notamment en semoule, légumes secs, huile, café, sucre. Ne comptant pas trop sur le gaz butane, certains se sont mis au fuel pour se réchauffer, mais la plupart préfèrent le vieux combustible ancestral, le bois, entassé en fagots dans les cours des maisons. De quoi soutenir un ‘’siège » de plusieurs semaines ! Comme dit le proverbe kabyle, win qsen izerman, ttagaden ula d iseghwan, ‘’qui s’est fait mordre par un serpent, craint même les bouts de corde », autrement dit, chat échaudé craint l’eau froide !
S. Aït Larba