Dans le discours qu’il a prononcé à l’occasion de l’ouverture de l’année judiciaire, le président de la République a lancé un appel à la lutte contre la criminalité qui a pris, ces dernières années, des proportions alarmantes. « Nous avons vaincu le terrorisme armé, a-t-il dit, et nous nous retrouvons face à un autre terrorisme, le banditisme ». Dans la foulée, il a appelé les hommes de lois à se mobiliser pour donner à la justice, les moyens d’assurer la protection des personnes et des biens. Il est certain, comme l’a expliqué d’ailleurs le président, que le climat d’insécurité qui a prévalu, en Algérie, durant la période du terrorisme, a encouragé la criminalité, mais il y a d’autres causes à ce phénomène : la pauvreté, le chômage, l’exclusion scolaire. Les psychologues et les sociologues n’ont cessé d’attirer l’attention sur l’importance des facteurs sociaux et économiques dans les actes de délinquance. Il est certain qu’un homme qui possède un emploi correctement rémunéré, ou un jeune qui effectue normalement sa scolarité est moins prédisposé à commettre des délits. Le rôle de la famille et de l’école est également primordial dans la prévention de la délinquance. C’est la famille, pis l’école, à l’âge de la scolarité, qui inculquent à l’enfant, le futur adulte, le respect de la loi et d’autrui, c’est encore elles qui canalisent son énergie vers les valeurs sociales et morales. Qu’elles viennent à manquer à leurs missions et le jeune se retrouve livré à lui-même, sans perspective ni projet à long terme, devenant ainsi un délinquant potentiel. S’il faut aujourd’hui livrer une guerre sans merci au banditisme, qui fait régner l’insécurité et la peur dans la société, il faut aussi combattre les causes qui sont à son origine.
S. Aït Larba
