L’atmosphère était électrique hier, au niveau de la gare ferroviaire de Réghaïa. Des dizaines de citoyens y ont organisé un rassemblement de protestation contre l’installation d’une décharge contrôlée, en bloquant la voie ferrée. Celle-ci ne fut rouverte qu’après l’intervention des forces de l’ordre. Une dizaine de manifestants ont été arrêtés. Venus notamment des anciennes cités Mohamed El Bey et Ben Saidane, les protestataires avaient bloqué le trafic ferroviaire, durant de nombreuses heures, en s’attroupant au milieu des rails. L’action de protestation a drainé un grand nombre de personnes, venues exprimer leur souci de préserver leur espace vital. « Pourquoi les pouvoirs publics s’obstinent-ils à réaliser ce projet dans notre quartier, alors que d’autres sites pourraient l’accueillir loin de nos habitations », s’interrogera un représentant de ce mouvement de protestation. Il ajoutera : « au lieu de réaliser ce centre d’enfouissement technique près de nos foyers, les autorités feraient mieux de construire des infrastructures pour les jeunes ». Comme lors de deux actions précédentes, la navette Alger -Thenia, ainsi que celles reliant la capitale à d’autres grandes villes de l’Est du pays ont été pratiquement paralysées, notamment en milieu de journée. Les usagers furent contraints de choisir d’autres moyens de transport, pour rejoindre leur destination. « Cette action était pour nous le seul moyen pour avoir gain de cause », clamaient les protestataires, en menaçant de ressortir dans la rue au cas où leurs doléances d’étaient pas prises en charge.
Salim Haddou
