La route de tous les dangers

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Thajmaât Aït Ahmed Oumansour, sise à Mellala, dans la proche banlieue de Bgayet à une poignée de kms, monte au créneau et s’insurge contre l’état calamiteux de la RN 12 de Bir Slam à Oued Ghir.Mellala que l’histoire de l’Algérie médiévale retient comme lieu de rencontre entre Ibn Toumert interdit de séjour à Naciria (Béjaïa) et Abdelmoumène le premier des Almohades, mérite assurément mieux ! Et en premier lieu le droit de bénéficier d’infrastructures basiques, à même de diminuer d’abord le nombre d’accidents qui chaque année viennent endeuiller les villages disséminés tout au long du parcours Bgayet-Oued Ghir : Ivachiren, Ireza, Mellala, Ivourassène… Des travaux qui n’en finissent pas, un éclairage sélectif, présent d’Ivourassène à Oued Ghir et inexistant entre Ivourassène et Ivachirène malgré la présence fantomatique des poteaux, une halte ferroviaire qui ne fonctionne guère car mal conçue, un pont, celui de Tikelaline par trop étroit et à la chaussée défoncée. Voilà le gros des griefs énumérés par l’association qui avoue ne pas saisir les motivations profondes des pouvoirs publics et le maintien de la région dans un état de sous-développement chronique. Pour compléter le tableau, il faudra signaler l’état général de la route nationale truffée de cratères et de dos d’ânes dont on ne voit pas souvent l’opportunité. Ce qui du coup fait tanguer dangereusement les véhicules, avec le risque élevé de voir les marchandises transportées passer par dessus bord. Comme cela est arrivé le 29 octobre dernier, à 5 minutes du f’tor, lorsque des palettes, une cinquantaine, mal arrimées et chargées de surcroît dans un semi-remorque sans ridelles sont tombées sur deux jeunes qui cheminaient sur le bas côté. Cet incident s’est heureusement terminé sans gravité pour les deux victimes qui ont été tout de même hospitalisées. Cette chance inouie ne se répétera pas à l’infini !Le problème des déchets déversés à Ivachirène, c’est-à-dire à l’entrée de la cité Hammadite, ne pouvait pas ne pas être évoqué. Ces décharges sauvages de gravats et de détritus que les Ath Vou Messaoud évoquent avec amertume et une honte à peine dissimulée n’est certes pas le fait des autochtones. Cette entorse grave à l’environnement, en plus du fait qu’elle contribue à pourrir leur quotidien risque un jour de dégénérer car les populations, excédées, menacent en cas de flagrant délit de sévir durement contre les auteurs.Rien en somme de bien sensationnel dans les réclamations et les désidératas de ces paisibles populations qui ne demandent que le droit de vivre en paix, dans un environnement sain et dans une sécurité accrue. Car si réclamer l’éclairage public demeure un privilège au XXIe siècle, alors autant retourner à l’âge de la pierre taillée et s’éclairer à l’huile qui offre l’immense avantage d’être disponible et plutôt bon marché.

Mustapha R.

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