Le mouvement de protestation de la population de la commune de Saharidj, entamé depuis douze jours, a pris fin hier. Lors d’un meeting qui s’est tenu tard dans la soirée d’avant-hier dimanche, il a été décidé la réouverture des administrions (APC et daïra).
Lors du même meeting, les représentants de population, reçus par le wali, se sont relayés au micro pour exposer le bilan de cette entrevue, devant une marrée humaine venue s’enquérir du résultat de cette rencontre. Aussi, les citoyens seront informés qu’une enveloppe financière de l’ordre de 11 milliards de centimes est, d’ores et déjà dégagée. Celle-ci est destinée à l’aménagement urbain, au profit de quatre cités du chef-lieu communal, à savoir Ath M’hand, Ath Waarav, Iguenan et, enfin, la cité Ath Cheikh. Des quartiers sinistrés, pour la plupart. Les délégués diront, ensuite, à propos de la plate-forme de revendications élaborée en assemblée générale et remise aux autorités locales, qu’elle sera étudiée en présence de tous les membres de l’exécutif. Le wali a promis d’inscrire au profit de la commune le maximum de projets en procédant par ordre de priorité et d’urgence, et qu’il en informerait la population lors de sa visite qui interviendra dans les prochains jours. Le premier citoyen à intervenir, après l’ouverture des débats, rappellera aux membres de l’APC présents leurs engagements à mener à terme l’opération du démontage des compteurs de l’ADE, dont une partie a été enlevée par les citoyens, eux-mêmes, dans le but de les restituer à cette entreprise qui gère la distribution de l’eau potable, signifiant par là leur refus de payer leurs redevances. Ceci, d’autant plus que ces compteurs ont été placés sans qu’aucune convention ne soit établie entre l’APC et l’ADE, selon l’aveu même du maire intérimaire. Un état de fait qui était, pour rappel, la goutte qui a fait déborder le vase et à l’origine du mouvement de contestation de la population de cette commune, l’une des plus déshéritées de la wilaya de Bouira. C’est dans une atmosphère détendue, après les échauffourées, durant la journée, avec l’escadron anti-émeute devant l’esplanade de la daïra, que quelques sages ont pris la parole pour appeler au calme, mais recommandant néanmoins aux citoyens de rester vigilants et mobilisé pour faire aboutir leurs revendications, contenues dans la plate-forme et qu’ils jugent légitimes. Ce n’est que vers 22h que la foule se dispersera, après que la décision de marquer une trêve fut prise à l’unanimité pour permettre aux autorités d’arrêter un programme d’actions qui fera sortir cette localité longtemps marginalisée de sa léthargie.
Oulaid Soualah

