Préservatifs et…abstinence

Pour que les étudiants soient mieux informés, sur la maladie la plus dévastatrice que l’humanité ait connue, en l’occurrence le syndrome d’immuno-déficience acquise (SIDA) l’université d’Alger et l’Union générale des étudiants algériens (UNEA) en collaboration avec le secteur sanitaire de Sidi-Mhamed et le centre de médecine préventive universitaire (CMPU Amirouche) ont organisé hier une journée de sensibilisation pour la lutte contre le SIDA. Après l’allocution d’ ouverture faite le recteur de l’université d’Alger M. Hadjar qui a encouragé ce genre de manifestation, le Pr Dif qui est également président du Comité national de la lutte contre le Sida, a fait savoir à l’assistance (tous des étudiants) qui était d’ailleurs nombreuse (salle des actes tunnel des facultés) que « la maladie se répand rapidement et que l’abstinence, la fidélité des partenaires et l’usage des préservatifs seulement, peuvent éviter cette transmission ». Celui qui a eu par le passé des relations « bizarres » ou « différentes » Pr Dif conseille que « seul le dépistage peut déterminer s’il est séropositif ou non et que la consultation chez un médecin dans le cadre des MST qui sont multiples (parasitaires, virales…) n’est pas un tabou ». Côté institution, M. Dif nous confie que le ministère de la Santé met en place des consultations dans toutes les wilayas. Dans le même ordre d’idées, l’orateur dit qu’un comité médical a été installé après l’apparition des premiers cas en 1986 et qu’en 1995, un autre comité intersectoriel lui a emboîté le pas et qui a pour mission l’élaboration des programmes de prévention. Le comité englobe plusieurs ministères à l’instar : ministère de l’Enseignement supérieur, celui de l’Education nationale, sans oublier le ministère de la Justice (médecins qui travaillent dans les prisons et qui sensibilisent les prisonniers), ministère de la Jeunesse et des Sports, or pour l’orateur « la population touchée est la jeunesse ». L’intervention de l’Onu-Sida via le Dr Lounas, est axée sur les statistiques mondiales. En effet, la conférencière nous déclare que « l’année 2005, de janvier jusqu’en novembre, 5 millions de personnes sont nouvellement infectées » avant d’ajouter « 25 millions de personnes sont déjà mortes ». Pour elle et puisque personne n’est à l’abri de cette maladie, « les parents doivent parler avec leurs enfants, les professeurs avec leurs étudiants les fonctionnaires avec leurs collègues afin non pas de finir avec ce problème mais d’en limiter les dégâts ». Pour le Dr Lounas, l’Onu-Sida a proposé des principes directeurs essentiels à la prévention du VIH qui sont : tout les organismes étatiques et privés concernés par ce phénomène doivent investir dans la recherche de nouvelles techniques de prévention implication de la société civile, implication des personnes vivantes avec le VIH à tous les niveaux d’interventions dans la lutte contre le sida et enfin combattre la stigmatisation et élimination de la discrimination. Pour le Dr Boulares, médecin coordinateur de santé universitaire et sur la base du résultat d’un sondage fait auprès d’étudiants, la conclusion de ce sondage est « que l’information en possession des jeunes étudiants est insuffisante. Pour l’année universitaire 2004/2005 seulement 83 étudiants ont demandé à subir le test de dépistage en s’assurant de sa confidentialité.  » Pour l’oratrice, le sujet reste tabou pour les étudiants elle estime que les sensibilisations doivent commencer au moyen et au secondaire. En guise de solutions, elle propose de créer des cellules d’écoute, pas seulement dans les UMP, mais dans les résidences universitaires. A signaler, parmi les participants à cette journée, M. Zeddam, président de association « AIDS Algérie », Mme Zoheira Merah, présidente de association Hayet. La clôture de cette manifestation s’est faite avec par pièce théâtrale des étudiants de l’école supérieure d’arts dramatiques de Bordj El Kiffan. Enfin, et face à ce phénomène dévastateur qui menace le monde, la population doit réagir avec une grande responsabilité, et doit savoir que le VIH ne contamine pas seulement le premier décembre, mais toute l’année et donc doit rester vigilante jour et nuit afin de donner « le temps » à la science de trouver le remède définitif. « Il vaut mieux prévenir pour vivre ». Un petit message pour vous.

Salah Benreguia