Football féminin : Razik Imloul, président du FC Béjaïa – «Si on ne reçoit pas d’aides, on déposera les licences»

Pour s’enquérir de la situation du FC Béjaïa, nous avons pris attache avec le président du club, Imloul Razik, qui nous a parlé des mauvaises conditions dans lesquelles ils travaillent ainsi que le manque d’aides des autorités locales.

La Dépêche de Kabylie : Qu’en est-il du parcours de votre équipe depuis l’entame du championnat ?

Razik Imloul : Les résultats de cette année ne sont pas fameux, comparativement à ceux obtenus durant les années précédentes vu le rajeunissement qui a touché notre équipe, depuis la fin de la saison écoulée. On joue avec une majorité composée des U-20 et U-17. Notre objectif principal, pour cette année, est de former une équipe d’avenir qui pourra assurer son maintien aisément. Malgré qu’on soit actuellement dans la zone rouge, sans oublier les petites catégories, car on a raté 3 saison de suite la coupe d’Algérie et le titre, on est récompensé cette saison puisqu’on jouera la ½ finale de la coupe d’Algérie des U-20 qui aura lieu, vendredi prochain, à Béjaïa contre l’Intissar d’Oran.

D’autres problèmes ? 

Le manque d’infrastructure d’entraînement. Que faire avec un créneau pour 4 catégories (seniors, U-20, U-17 et U-13). Pour les petites catégories, on se débrouille pour avoir un terrain, soit à Tichy, à Souk el Tenine ou à Béjaïa ville. On ne dispose que d’un seul créneau au stade Benallouache. L’annexe de l’Opow est devenue la propriété des jeunes des quartiers avoisinants avec qui on ne peut rien faire vu la passivité des responsables de l’Opow. Toutes les équipes avec qui on joue le championnat dispose d’au moins 3 créneaux, par semaine, sur le terrain principale alors que nous, il a fallu l’intervention des responsables de la fédération pour qu’on nous accorde le droit de jouer les matchs du championnat des seniors seulement sur le terrain principal de l’Opow. On ne peut pas faire des résultats probants avec ce manque flagrant d’infrastructure. Tout ce qu’on a fait, jusqu’à présent, est réalisé grâce à la volonté des responsables du club, du staff technique et des joueuses.

Un appel aux responsables du sport à Béjaïa ?

Au rythme où vont les choses, on ne tardera pas à déposer nos licences. Toutes nos doléances sont restées lettres mortes. On joue en National I, on fait des déplacements jusqu’à Oran et en contre partie, l’Opow ne nous offre aucune occasion de s’entraîner alors que le terrain reste des fois inoccupé durant toute la journée.

Que vous répondent les responsables de l’Opow ?

On nous répend toujours par la négative et comme argument le manque de vestiaires, car le stade ne dispose que d’un seul vestiaire libre. On leur a proposé d’offrir ce vestiaire à l’équipe visiteuse et qu’on va se débrouiller pour la nôtre, mais en vain. Je ne sais pourquoi tous ces coups bas alors que dans d’autres villes, les équipes s’entraînent et jouent sans inquiétudes. Je me demande aussi pourquoi débuter les travaux de la piste d’athlétisme de l’annexe en pleine saison sportive, alors qu’ils peuvent attendre la fin de la saison. Ils sont en train de bousiller toute une génération d’athlètes et rendre plusieurs clubs SDF.

Et concernant les subventions ?

Franchement, c’est une catastrophe. Trouvez-vous normal que le fonds de wilaya nous octroie 20 millions de centimes alors que des associations sociales qui ne sortent même pas de la commune ont perçu plus. Comment je vais répartir ces 20 millions sur 4 catégories avec des déplacements à l’extrême ouest alors que dans d’autres wilayas, on les estime à leur juste valeur, exemple de l’équipe de Djelfa créée cette saison et qui a reçu 350 millions de centimes. Même l’APC de Béjaïa ne nous aide pas, ces derniers temps. Il ne faut pas oublier que nous jouons devant des équipes dont le budget dépasse largement le milliard de centime et on nous demande de tenir tête avec 20 millions de centimes, c’est absurde !

On vous laisse le soin de conclure…

Pour la suite du championnat, on a la chance de se maintenir, mais si on continue à nous marginaliser, on déposera les licences. Comment s’attendre d’une joueuse qu’elle marque des buts alors qu’au cours de la semaine, elle ne s’est jamais entraînée. Franchement, ça me touche le fait que la majorité des athlètes de l’équipe nationale soit issue de Béjaïa, surtout chez les jeunes catégories. De plus, elles sont en train de faire les beaux jours des autres clubs, car on n’a pas les moyens pour les tenir ici à Béjaïa. Les autorités locales doivent accorder un peu d’intérêt au football féminin qu’elles doivent estimer à sa juste valeur, car la pâte et les techniciens existent et on peut facilement faire mieux.

Entretien réalisé par Zahir Hamour