Issue du découpage administratif de 1984, M’cisna est parmi les communes les plus pauvres de la wilaya de Béjaïa. Ce fut du moins le cas, au lendemain de sa création.
D’une superficie de 39,12 kilomètres carrés, son territoire est d’un relief accidenté avec un point culminant à 1500 mètres d’altitude. Composée d’un chef-lieu et de 7 villages, pour une population de 8.000 habitants, M’cisna a fait des progrès considérables ces dix dernières années, grâce notamment aux efforts consentis par les autorités locales. Le maire de cette municipalité Kabache Karim, élu sur une liste d’indépendants, que nous avons rencontré dernièrement dans son bureau, a brossé un tableau de la situation qui prévaut dans sa commune. Il équivaut à un bilan partiel, depuis sa première investiture en 2007 à ce jour. Il a commencé par décortiquer le secteur économique, loin de répondre aux besoins des citoyens, par manque de perspectives d’emploi dû à l’absence de zones d’activité. « Notre commune est enclavée et ne vit que des subventions allouées par les pouvoirs publics, et ce en raison de l’absence de recettes fiscales et l’inexistence d’un tissu industriel pouvant créer des emplois », déplore-t-il. Du coup, les citoyens de la région, en âge de travailler, partent monnayer leur force de travail ailleurs. L’absence du foncier communal est un autre écueil qui entrave le développement de la commune, obligeant les gens à se rabattre sur les petits commerces ou l’agriculture de montagne. Dans cette municipalité les seuls agents économiques sont des agriculteurs que les autorités locales tentent un tant soit peu d’aider, et ce par l’ouverture de pistes pour mécaniser le transport et le travail de la terre. « On a ouvert pour cela 11 kms à Amagaz, à la fin de l’année 2012. Un autre projet de 7 kms de piste est en cours de réalisation au village Imoula. Nous n’avons pas oublié le réaménagement des pistes déjà existantes, en les rendant davantage praticables. On vient aussi de distribuer 5000 plants d’oliviers pour booster ce secteur. On a effectué un reboisement de 5hectares à Sidi Boudjemaâ, comme on a planté au chef lieu des arbres d’ornement. Pour vous dire que le secteur agricole attire toute notre attention », a souligné notre interlocuteur. Sur un autre registre, le maire informera que le secteur de la jeunesse est placé au dessus de ses préoccupations. « Notre jeunesse peut se targuer d’avoir des infrastructures de loisirs dignes de ce nom ; nous les avons certes créées ces dernières années. Il n’y a pas un seul village dans notre commune qui ne possède pas une aire de jeux de proximité. Les villages Amagaz et Ighil Ouantar ont en plus chacun un stade. », précise-t-il. Il poursuit : « Le chef lieu est doté d’une bibliothèque communale et d’une maison de jeunes qui assure des activités pluridisciplinaires, s’agissant du domaine de la culture. Ces infrastructures sont renforcées par la construction d’une salle polyvalente, dont les travaux sont achevés à 90%, et une salle de sport qui sera réceptionnée ces jours-ci». Il ajoute qu’une étude de mise à niveau pour le stade communal est en cours ; le projet prendra en charge la pose de caniveau souterrain pour le drainage des eaux, le revêtement de la pelouse par du gazon synthétique, la construction de tribune de 1200 places avec en dessous des vestiaires, un parking de voitures pour les officiels et les visiteurs. « La fiche technique y afférente a été envoyée à la DJS de Bejaia, avec copie pour le wali et le ministère. A travers la modernisation du stade, nous pensons à un retour éventuel de l’O Melbou, le club local, le rêve des jeunes de notre commune. Les villages ne sont pas en reste. Nous construisons un foyer de jeunes à Ighil Ouatar, dont les travaux sont au stade de 40%. La salle d’activité d’Imoula est opérationnelle. Les villages Amagar, Tighermine et Ighil Melouléne seront dotés dans un proche un avenir d’un foyer de jeunes chacun. Les choix de terrain ont été déjà effectués», renchérit l’édile communal.
«L’eau de Tichihaf pour en finir avec la pénurie »
Les secteurs de l’hydraulique et de l’habitat rural ne sont pas négligés, déclare le premier magistrat de la commune. « Nous misons beaucoup sur la fameuse eau du barrage de Tichihaf, une alternative qui remédiera au problème de pénurie d’eau dans notre commune. Le projet en question égraine sa phase d’avis d’appels d’offres lancés le mois passé. Une fois que l’entreprise qui réalisera le projet sera connue, nous lui demanderons de commencer sans plus tarder les travaux. En attendant, les pannes sur les réseaux intérieurs sont maitrisées à 90%. » S’agissant de l’habitat rural, le maire précisera que depuis 2007, plus de 600 logements ont été attribués. Pour l’exercice 2013, le quota octroyé par l’APC s’élevait à 125 unités. « Je peux certifier que tous les bénéficiaires ont entamé les travaux », insiste-t-il. Pour l’électrification en zone rurale, la commune a bénéficié en 2014 d’un programme ambitieux. Tous les quartiers et villages non électrifiés le seront bientôt, « leur dotation en énergie électrique sera prise en charge par la direction de l’énergie et des mines de Bejaia, dans le cadre de la 3° tranche du programme quinquennal 2010/2014 », a ajouté le maire. Il n’a pas oublié de parler des secteurs de la santé et des travaux publics. « Pour ce qui est du réseau routier, on a gagné la bataille, en arrivant à bitumer tous les chemins de la commune desservant les villages. Il nous reste deux kms à réaliser sur la route menant vers Iazouzen, le projet est en cours de réalisation. Tous les chemins de maillage sont goudronnés tels que M’cisna vers Béni Maouche, Imoula vers Sidi Aïch, Ighil Ouantar vers Seddouk. Le chef lieu (Sidi Saïd) a bénéficié d’un aménagement urbain allant de Tabarakt vers Tahfirt sur 1.5 kms. Un projet ou seront réalisés l’éclairage public, les trottoirs, les avaloirs de drainage des eaux pluviales, les réseaux d’assainissement et le revêtement de la chaussée en bitume », explique notre interlocuteur. Le secteur de la santé commence à s’améliorer dans cette commune avec la réhabilitation de la polyclinique d’Imoula qui fonctionne maintenant avec un médecin généraliste, un dentiste, un psychologue et un infirmier. Les centres de soins de Sidi Saïd et d’Ighil Ouantar ont connu aussi des améliorations notables avec des renforcements en équipements et moyens humains. Le centre de soins d’Amagaz, nouvellement créé a ouvert ses portes le 1er novembre 2013. Celui du village Tighermine est en projet. Le choix de terrain a été effectué. Quant aux deux grands projets qui changeront positivement la vie des habitants, leurs avancements sont suivis de près par le premier magistrat. Il s’agit du gaz de ville et de la téléphonie fixe. « Le projet du gaz de ville a connu un léger retard, engendré par le GRTG d’Alger, qui a résilié le contrat du premier bureau d’études chargé de réaliser les plans du réseau de transport. Le projet a été confié à un autre bureau d’études pour achèvement du rester à réaliser. La planification du réseau de distribution a été achevée pour tout le territoire de la commune et transmise à la DEM » assure-t-il.
«Des potentialités touristiques indéniables »
D’après lui, le projet de fibre optique, qui touchera beaucoup de villages, sera lancé incessament par l’Actel. Comme une cerise sur un gâteau, une agence commerciale vient d’ouvrir ses portes à Seddouk. Cela évitera aux habitants de la région d’aller encombrer celle d’Akbou pour un simple service. En ce qui concerne le siège de l’APC, qui connaitra des améliorations dans un avenir proche, le maire nous apprend que le projet prendra en compte la réhabilitation du siège existant, par des travaux de rénovation, et son extension, à travers une surélévation du bâtiment en R+2. « Cela soulagera les employés comme les citoyens. Dans le but de rapprocher l’administration des administrés, on a ouvert le 1er novembre passé une annexe administrative à Imoula. Deux autres villages de la commune vont aussi bénéficier de projets similaires, dans un proche avenir. Il s’agit d’Ighil Ouantar et d’Amagaz », a fait savoir ce responsable. Comme mot de la fin, l’édile lance un appel à la population de sa commune : « Je remercie tout d’abord mes concitoyens pour leur patience, car ils ont compris que l’APC ne pouvait pas faire tout à la fois, mais devait se fixer des priorités et commencer par le plus urgent. Par ailleurs, je les exhorte à me soutenir dans ma démarche, et à soutenir le programme de développement élaboré par mes soins pour notre commune. Comme une seule main ne peut pas applaudir, il faut l’adhésion de tous ; c’est en conjuguant nos efforts qu’on réussira le plus. Pour ma part, je n’ai pas de commune de rechange. Je dis clairement que mon seul souci est d’améliorer davantage les choses dans notre commune, et, par ricochet, le bien être des citoyens. Mon bilan est là pour le prouver », a conclu le maire. Sur le plan touristique, la commune de M’cisna possède des potentialités avérées qui ne demandent qu’à être exploitées. Le chef lieu, qui était il y a une dizaine d’année un petit village insignifiant, s’est agrandi au fil des ans pour devenir aujourd’hui une petite ville de province. Il y fait vraiment bon vivre, avec ses infrastructures nouvellement créées et le grand boulevard, parfaitement aménagé qui la traverse de bout en en bout, distribuant des commerces et des maisons pavillonnaires sur tout son long, à droite comme à gauche. A la sortie de la ville, cette fameuse pinède aux arbres rabougris ; ravagée par le feu il y a quatre ans, elle est en pleine régénérescence.Les arbres et la lavande qui dominent dégagent des odeurs agréables. L’hiver tire à sa fin, et les amoureux de la nature partent en famille, les jours de soleil, pour passer une journée en forêt, faire un piquenique en plein air et s’amuser. M’cisna, en cette période merveilleuse de l’année ou la verdure bat son plein, étale son charme légendaire en accueillant à bras ouverts ses visiteurs. Elle reflète à vrai dire toute la beauté de la Kabylie.
L.Beddar

