l »Adfel iwet d gadrarr ssem-is yebded s azaghar » (la neige recouvre la montagne, son froid glacial envahit la plaine). Cela dure depuis une semaine. Le manteau blanc de la poudreuse est suspendu sur les hauteurs des communes de l’est et du nord-est de Bouira, à environ 1000 m d’altitude. Les cols de la montagne sont fermés (Tizi N’kouilal et Tizi N’Tirourda), mais la plaine de Oued Sahel n’en reçoit que le froid glacial. Cette vallée enserrée entre le Djurdjura et les monts des Bibans subit une drastique chute de température suite aux chutes de neige ayant touché non seulement le Djurdjura, mais aussi les monts Zallellou, Boukhaled, Mansoura, sur les contreforts sud du massif des Bibans. Tous les pitons, qui émergent à plus de 1000 m de ce massif, sont recouverts de neige. L’oued Sahel reprend son cours normal après une sécheresse qui aura duré plusieurs mois. Mais les eaux sont encore boueuses suite aux pluies torrentielles qui se sont abattues sur les collines et les coteaux alentour. Dans les rues et venelles des petites villes, et même au chef-lieu de wilaya, le bruit métallique du roulement des bouteilles de gaz reprend ses « droits ». Car, il suffit d’une légère baisse de température pour que le spectre de la pénurie de gaz butane se profile à l’horizon. Des garçons et des filles, parfois en bas âge, font la chaîne devant les stations-services ou devant les camions distributeurs de gaz.
A. N. M.