Depuis quelques jours, une construction est en train de s'ériger en plein milieu d'un espace vert, véritable joyau qui embellit une place publique dans la ville de Sour El Ghozlane.
Les poteaux en béton sont déjà sortis de terre et les travaux sont réalisés… de nuit par un entrepreneur qui travaille pour le compte d’un habitant de la ville qui a bénéficié de la part des services de la commune de Sour El Ghozlane, d’une autorisation de construction d’un kiosque-cafétéria. Le jardin public en question, d’une superficie d’environ 500 mètres carrés, est situé face au bureau de poste, à côté du rond-point desservant l’hôpital et le centre-ville. Ce rare espace de verdure, qui atténue, un tant soit peu, les désagréments et les nuisances sonores d’un milieu urbain de plus en plus stressant, compte dans son enceinte six beaux arbres: trois palmiers, deux mélias et un cyprès. Les vieux de la ville ont l’habitude de venir se délasser et respirer l’oxygène à proximité de ce bel espace vert. Aujourd’hui, en voyant monter des poteaux de béton, qui cassent l’harmonie et l’esthétique générale, les citoyens de Sour El Ghozlane commencent à bouger dans tous les sens. Plus de soixante personnes ont signé une pétition, dont nous détonons, une copie, adressée au procureur de la République du tribunal de la ville. Dans cette pétition, les protestataires dénoncent la « destruction dont fait l’objet l’unique réservoir d’oxygène de la ville », comme ils demandent aussi l’arrêt des travaux de construction du kiosque-cafétéria. Les pétitionnaires font remarquer également que la construction d’un tel édifice constituerait une source d’insécurité pour la poste du fait qu’il fermera complètement la vue pour ce service public. Le bénéficiaire du kiosque dispose d’un permis de construction délivré par la commune de Sour El Ghozlane. Lorsque des citoyens ont abordé à ce sujet, le président de l’Assemblée populaire communale, ce dernier leur apprendra que le dossier en question a été instruit par l’ancien maire et qu’il n’aurait fait que signer le permis de construction « sans savoir exactement que l’assiette foncière était un espace vert ». Ces mêmes citoyens ont pris contact, mardi dernier, avec le chef de daïra pour lui exposer le problème. Il s’avérerait que la délibération de l’ancien exécutif communal relative au projet du kiosque sur un espace vert n’était pas validée. Sur quelle base alors l’actuel maire a signé le permis de construction? Outre cette question, les citoyens s’interrogent également sur le fait que les travaux ne se font que pendant la nuit. D’après certains personnes qui l’ont approché l’entrepreneur parle d’un…groupe électrogène qui serait abrité dans le jardin public! Ce manque de transparence ajoute un peu plus d’inquiétude dans l’esprit des habitants de la ville. Ces derniers ne comprennent pas comment la même APC a procédé ces derniers temps, à la démolition de deux kiosques anarchiques dans deux quartiers de la ville, tout en autorisant un autre qui va défigurer complètement le beau paysage du site sur lequel il est en train de s’édifier. Et c’est pourquoi, les habitants en appellent au sens de responsabilité des autorités locales et de wilaya pour mettre fin à ce qu’ils qualifient de « crime » qui est en train de se commettre au détriment de la nature et du cadre de vie, et ce, au moment où la wilaya de Bouira a fait un grand effort en matière de réhabilitation d’espaces verts et d’installation d’arbres d’alignement dans tous les centres urbains de la wilaya.
Amar Naït Messaoud

