La forêt de Bouhalalou, dans la commune des Aghribs, à une quarantaine de kilomètres à l’est de Tizi-Ouzou, offre l’image d’un luxuriant tapis végétal à plusieurs variantes d’arbres. Elle est réputée notamment par son liège. Il faut reconnaître que dame nature a étoffé cet endroit de tous les ingrédients qui participent à la détente. La route y menant, la RN73, qui relie la localité de Tala Tgana à la commune des Aghribs, est devenue un itinéraire de découverte, offrant une succession de paysages des plus pittoresques. Toutefois, depuis quelques années, sitôt le village de Tala Tgna dépassé le désenchantement prend le pas sur le ravissement. Ce lieu splendide n’a pas été épargné par la bêtise humaine. Il se meurt à petit feu. Des deux côtés de la route, on ne voit que détritus et balayures jetés pêle-mêle, ici et là sans aucun égard à la beauté du paysage. Partout, des sacs poubelles éventrés ajoutent une touche triste aux lieux. Des amas de terre non déblayés rendent la chaussée étroite, voire dangereuse, au niveau de certains virages. Quiconque qui passera par la RN73 s’en rendra compte que la forêt subie un acharnement destructif comme si les hommes se sont donnés le mot pour réduire à néant la générosité de la nature. Pourtant, il suffit de peu pour rendre le rayonnement à cette région : un décret communal qui interdira le jet d’ordures ménagères le long de la RN73, la mise en place de bacs à ordures, débarrasser les amas de terre qui « squattent » les lieux et l’embauche de gardiens, ce qui permettra également de créer plusieurs postes d’emploies au profit des citoyens de cette localité. Pour mettre en valeur cette richesse naturelle, il sera important d’aménager, au cœur de cette forêt, des endroits de villégiatures pour accueillir les familles et les riverains, des airs de jeux pour les enfants, ce qui drainera beaucoup de monde vers l’endroit et améliorera, par conséquent, le volet économique de la commune et conférera le statut de zone touristique à la région. En attendant de voir les autorités locales se pencher sur ce cas environnemental, la forêt de Bouhalalou continuera à crouler sous les immondices de toutes sortes.
Aït Slimane Amazigh
