Les points de vente informels se sont multipliés, ces jours-ci, sur les accotements de la RN26, à Akbou.
Ce commerce connait un franc succès et ses pratiquants se frottent les mains au regard de l’afflux considérable des clients, des automobilistes surtout, sur leurs étals de fortune. De la tomate, de la pomme de terre, de l’oignon et d’autres légumes et fruits sont proposés à la vente à des prix nettement inférieurs à ceux proposés dans les magasins. Sur le tronçon menant de Laâziv N’Cheikh jusqu’aux villages colonel Amirouche, Bouzaroual, Ath Laadj, Dess, Ath Lahdhir et à Halouane plus exactement, ces marchands investissent la RN26 pour attirer les automobilistes. Parfois, même les cagettes de ces vendeurs sont exposées sur la chaussée ! Les produits sont exposés aux quatre vents, sans se soucier des règles d’hygiène les plus élémentaires. Et pourtant, selon un décret exécutif publié dans le journal officiel N°21 promulgué l’année dernière, les commerçants exerçant des activités commerciales non sédentaires (ou commerce ambulant) doivent, désormais, posséder un registre de commerce et une autorisation dûment délivrée par le président de l’assemblée populaire communale (APC). Les activités commerciales non sédentaires sont soumises ainsi à l’immatriculation au registre du commerce et à l’autorisation du président de l’APC pour l’attribution d’un emplacement au niveau des champs de foires et des espaces aménagés, selon les termes de ce décret fixant les conditions d’exercice de ce type d’activités. Contacté par nos soins, une source municipale nous a avoué après consultation du fichier de l’action économique de la commune, que « le P/APC n’a délivré aucune autorisation au profit de ces marchands ». Et à en croire aussi les nombreux commerçants que nous avons interrogés, ces derniers ne possèdent ni registre de commerce ni autorisation municipale pour y exercer. Ils le pratiquent, diront-ils, « juste pour un gagne pain ». Devant cette anarchie, certains commerçants de la ville d’Akbou qualifient, entre autre, ces activités de « la concurrence déloyale ». « On est soumis à payer nos impôts, le loyer, l’assurance sociale et d’autres frais, contrairement à eux. Or, ces commerçants ne dépensent rien. Chose qui explique, d’ailleurs, la différence des prix », fulmine un commerçant de fruits et légumes installé au centre-ville du Piton.
Menad Chalal

