Elle est venue à 2h du matin, hier, te chercher à l’hôpital d’Azazga où tu te soignais… la faucheuse. Elle a quand même osé. Pour toi, dont le père t’as appris, dés la naissance, l’amour des roses, tu ne sais que trop ce qu’elles vivent, l’espace d’un matin.
Mohand Saïd Ziad, puisque c’est de toi qu’il s’agit, c’est de ta mort que nous allons devoir parler, nous qui n’avions jamais cru t’évoquer au passé… décomposé. Tu étais la sensibilité faite homme dans ton langage, dans ton écriture, dans ton comportement. Et voilà tu t’es faufilé au grand dam de tes amis qui se souviennent de toi parce que tu les a marqués, qui raffolaient de tes anecdotes truculentes avec Kateb Yacine, M’Hamed, Rezki Issiakhem, Mohamed Zinet, Zohra Jazouli et tant d’autres. La dette que te devait Hassan II, 2000Fr anciens, l’équivalent de 20 FR à l’époque de vos études à la Sorbonne. Mais devenu roi, ton créancier ne pouvait plus se souvenir, ni de sa dette, ni de toi. «Les monarques ont la mémoire courte», disais-tu dans le ton de la plaisanterie. Maintenant que tu rejoins le Comité central des ancêtres, pour retrouver tes anciens compagnons de combat ou de zinc qui t’ont précéder dans l’au-delà tu nous laisses, à nous autres, des souvenirs… et quels souvenirs ! Amachahou ! Comme tu aimais à le dire très souvent. Tu as été journaliste depuis l’age de 16 ans, chroniqueur, prisonnier d’opinion, une semaine durant, pour avoir commis un papier qui, à tes yeux, semblait anodin, alors que pour le pouvoir de l’époque c’était plus qu’un crime de lèse-majesté un article subversif. Tu as fais aussi la radio chaîne II, l’APS et plusieurs journaux à Alger, Constantine et Oran, où ta collaboration et ta plume ont toujours été appréciés. Tu nous laisses une compilation de tes chroniques intitulée «Sagesse du terroir : des histoires si simples moralisantes», Edition Amel 2011, 240 pages. Nous devons nous en contenter, en attendant de te rejoindre. Adieu l’ami, le frère, le camarade…
Sadek Ait Hamouda

