À l’occasion de la fête du savoir (Yaoum El Ilm), coïncidant avec le 16 avril, l’unité de l’office national d’assainissement (ONA) de Béjaïa organise, depuis hier, une semaine de visites guidées à travers ses stations d’épuration de Sidi Ali Lebher et Souk El-Tenine. Celles-ci sont organisées à l’intention des enfants pour leur faire découvrir le monde caché de l’assainissement et les informer de l’impact des stations d’épuration qui est essentiellement la protection du littoral. « Il faut que l’égout cesse d’être une poubelle », dira M. Achour Tabouri, directeur de l’unité ONA de Béjaïa qui a tenu, lui-même, hier lors de sa visite à la station de Sidi Ali Lebher, d’expliquer tout le processus de fonctionnement de la station à la trentaine de jeunes adhérents de l’association écologique « Tichy la verte ». Cette station, qui est entrée en exploitation en juillet dernier, sert à épurer les eaux usées des quartiers de Sidi Ali Lebher et Aboudaou, d’une capacité de débit de 3.000 m3/jour extensible à 4.600 m3. De la collecte des effluents urbains, qui sont acheminés dans le traitement mécanique vers les dégrillages, le dessableur et déshuileur, au traitement biologique qui comprend la décantation et la désinfection, tout a été professionnellement, explicité par l’orateur. Ainsi donc, après avoir débarrassé l’eau usée des déchets, sable et huile, elle passe au traitement biologique. Le rassemblement des bactéries forme des flocules et cela permet de séparer la boue de l’eau. Par système de gravitation, celle-ci passe du bassin biologique aux décanteurs avant d’atterrir dans le bassin de chloration, alors que la boue, par un système de recyclage, se retrouve déshydratée. L’eau épurée et la boue séchée sont les sous-produits de la station d’épuration. L’eau qui est actuellement déversée en mer, peut en réalité servir pour l’irrigation, alors que la boue transformée par la presse et le polymère, en produit, sert à une valorisation verte, c’est-à-dire comme fertiliseur dans la pépinière ornementale ou la réhabilitation des sols dégradés ou encore à une valorisation thermique et industrielle dont les cimenteries en demandent pour son utilisation comme comestible. Présent sur les lieux pour encadrer les jeunes adhérents de l’association « Tichy la verte », Dr Abdelhamid Saou, enseignant et chercheur au département d’hydraulique de l’université Abderrahmane Mira de Béjaïa, fera part des études sur la gestion des eaux de surface et souterraines faites aux Oueds d’Agrioun, Djemaa et Soummam, dans le cadre des projets de recherches de son université. Il dira que « si l’étude d’Agrioun vient d’être entamée, celles d’Oued Djemaa et Soummam révèlent qu’il y a peu de pollution à Djemaa, laquelle n’est due qu’au rejet des poulaillers. Quant à celui de la Soummam, la salinité des eaux est due aux sources salines se trouvant à l’oued Amassine de Sidi Aïch ». Gérant quatre stations d’épuration, l’unité ONA de Béjaïa a bénéficié de trois projets structurants inscrits à l’actif de la wilaya de Béjaïa. La réalisation et l’exploitation de la station d’épuration de la ville d’Akbou y compris les collecteurs pour une enveloppe de deux milliards de dinars, la réalisation et l’exploitation de la station d’épuration des eaux usées de la ville de Sidi Aïch pour un montant d’un milliard sept cent millions de dinars et enfin l’étude de diagnostic et la réhabilitation des réseaux d’assainissement de la ville de Béjaïa. Abdelkrim Abba, chef de service assainissement à la direction de wilaya des ressources en eau, donnera un aperçu sur le projet d’étude du schéma directeur des réseaux d’assainissement de la wilaya de Béjaïa qui vient d’être accordé à la wilaya. Il dira que cet instrument permettra d’hiérarchiser la prise de décision. Il définira le nombre de stations à installer et éventuellement de communes à regrouper pour réaliser une station intercommunale. Ces portes ouvertes sur les stations d’épuration ont permis aux invités de prendre conscience que des gestes quotidiens qui semblent banals ont parfois des conséquences désastreuses et parmi eux, il y a ceux liés à l’assainissement. Ce dernier vise à assurer l’évacuation et le traitement des eaux usées en minimisant les risques sur la santé sur l’environnement en général et hydrique en particulier.
A. Gana
