Divergence des notions sur le concept du terrorisme

« La communauté internationale n’a pas encore pu se mettre d’accord sur une définition du terrorisme bien que ce phénomène soit transfrontalier ». Tel est le principal constat fait par de nombreux intervenants lors de la Journée d’étude nationale sur la lutte contre le terrorisme, organisée hier à la salle IHC de Boumerdès, à l’initiative de la faculté locale de droit et des sciences commerciales. L’absence de consensus sur une définition exacte du terrorisme est dû, a-t-on expliqué, à l’existence de profondes divergences d’intérêts entre les nations. D’autant plus que celles-ci sont en gros, divisées en deux blocs, l’un développé et l’autre toujours en voie de développement. Professeur à la faculté de droit de Tlemcen, Abdallah Benhamou — présent à cette rencontre —, soutient qu’en matière juridique, le monde n’était pas suffisamment préparé à ce phénomène. Et en septembre dernier, lors d’une assemblée des Nations unies, on n’a pas pu s’entendre sur le sens à donner au terrorisme, a-t-il rappelé. Certes, fera-t-il remarquer, il y a actuellement 28 conventions internationales et régionales signées dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, mais elles restent pratiquement, selon lui, sans effet. Car chaque groupe de nations ou bloc définit le terrorisme à sa manière. L’orateur indiquera, en conclusion, que le droit pénal international peut être appliqué pour éradiquer mondialement cette gangrène. Et c’est dans cette optique que fut établie en 1996, la Convention universelle de lutte contre le terrorisme. Lui emboîtant le pas, le professeur Souilah Boudjemaâ qui est également membre du Sénat, a expliqué, lui, que le terrorisme dans son aspect actuel est une négation des droits de l’homme, puisqu’il frappe sans distinction entre les religions, les races et les nationalités… En plus du climat de psychose qu’il installe ici et là, ce phénomène favorise l’émergeance de la corruption, a-t-il ajouté. Il recommandera, toutefois, la nécessité d’établir une nette distinction entre le terrorisme considéré comme phénomène transnational et la résistance contre l’occupant. Et il s’interrogera dans cette optique. « Le Palestinien est-il terroriste de nature » ? puis de préciser que la lutte contre le colonialisme est loin d’être un acte de terrorisme. Les affres de ce phénomène sont particulièrement vécus en Algérie, a-t-on encore expliqué, où l’on enregistre depuis quinze ans plus de 100 000 victimes et 20 milliards de dollars pour les dégâts matériels.

Salim Haddou