Sardine : les raisons d’une flambée

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Le prix de la sardine ne cesse d’augmenter. Atteignant des coûts vertigineux, affichés par endroits au double du prix initialement pratiqué. Une hausse due aux conditions climatiques, mais aussi à la flottille de pêche beaucoup plus artisanale. C’est ce qu’a tenu à souligner, hier, le directeur du secteur de la pêche et des ressources halieutiques qui nous a reçus.  La sardine est de moins en moins à portée des consommateurs et, ces derniers jours, elle l’est encore plus. Le peu de quantité disponible sur les étales des marchés ou des revendeurs particuliers est cédée à des prix faramineux. Le kilo de sardine a en effet été vendu à près de 500 da. Une hausse saisonnière, selon le directeur local de la pêche et des ressources halieutiques, Abdelhafidh Belaïd, qui nous a accueillis, hier, au siège de la direction, il affirme néanmoins que les prix vont connaître prochainement une baisse. « Le prix du kilo de sardine ne va pas rester indéfiniment fixé à 400 voire 500 DA ». Ceci en fonction « de la quantité qui arrive des autres ports des régions limitrophes de la wilaya ». Car, pour lui, cette hausse enregistrée ces derniers jours est « saisonnière et relève d’une période exceptionnelle». Une situation où les conditions atmosphériques sont très mauvaises et influent sur l’activité. En effet explique-t-il « ces derniers temps, le nombre de sortie en mer, dans les localités maritimes de Tizi-Ouzou ou dans les ports avoisinants notre wilaya, a diminué ce qui est dû essentiellement aux conditions  atmosphériques qui ne sont pas très bonnes ces derniers temps ».  Le directeur n’entend pas par là uniquement les précipitations, mais bien plus les vents forts qui occasionnent de fort courants en mer. C’est pour cette raison que la production a diminuée, fera-t-il savoir. Et la loi de l’offre et de la demande oblige, « les prix ont eu une tendance à la hausse ». Autre cause de la hausse des prix, relevée par le directeur, c’est la spécificité de la pêche dans la région. « Les deux ports de la wilaya d’Alger ont une spécificité dans leur production. C’est le fait que cette dernière soit artisanale, de petits moyens donc qui limitent les pêcheurs. A Tizi-Ouzou, on ne dispose pas d’un nombre suffisant de sardiniers. C’est la même chose pour les chalutiers ».  Une pêche qui cible essentiellement, explique le responsable, « le poisson blanc de qualité mais avec une quantité qui n’est pas importante. Car un petit métier qui peut récolter de 20 à 25 tonne maximum par année ne pourra jamais égaler la production d’un chalutier ». C’est la spécificité de la flottille qui ne dispose pas de grands bateaux de pêche à Tizi-Ouzou qui est un problème. C’est dire qu’à Tizi-Ouzou, «  ce n’est guère l’infrastructure portuaire qui fait défaut mais bien la spécificité de notre flottille et des bateaux de pêche ». Dans le même contexte le directeur affirme que la wilaya dispose de 32 petits bateaux de pêche de types sardiniers qui, néanmoins, n’activent pas en permanence dans nos eaux territoriales, préférant pêcher au niveau des eaux d’autres wilayas. Car ici, explique-il « le plateau continental est très étroit et accidenté favorable uniquement à la pêche artisanale ». Belaïd souligne à l’occasion que « la production maritime locale est fluctueuse mais ne dépasse pas une moyenne de mille tonnes par année. Elle est constituée à hauteur de 60% de poisson bleu, c’est-à-dire la sardine. Le reste de la production est du poisson blanc ». Ce qui n’est pas, d’après Abdelhafidh Belaïd « une quantité énorme ». Pour le directeur, encourager la production aquacole marine est l’une des principales solutions pour rendre la production maritime disponible et réduire par là même les prix de ces produits. Une activité qui produit actuellement pas moins de « 1200 tonnes par année de loups et de dorade ». Il affirme qu’ « une activité aquacole importante est en train de s’installer à Tizi-Ouzou ». Chose qui permettra de booster la production locale en matière de produits maritimes. Ainsi, souligne-t-il, l‘encouragement de cette activité se traduit, au niveau de la direction de la pêche et des ressources aquatiques de Tizi-Ouzou, par deux concessions pour deux grands projets d’aquacultures, explique la même source « qui sont en train de s’installer à Mazer dans la commune de Mizrana. Un projet va produire 1570 tonnes par année, l’autre 600 tonnes par année de loups et de dorade ». Le directeur ajoute qu’un autre projet devrait être acquis avant la fin du premier semestre de l’année en cours avec une prévision de 600 autres tonnes. En plus d’un autre projet, celui-là destiné pour la conchyliculture, l’élevage de moules, prévu à Iflissen, au courant du premier semestre. Ainsi, à la réception de ces projets, le prix de la sardine sera revu à la baisse. La qualité du produit marin disponible proposé aux consommateurs sera aussi « améliorée », d’après Abdelhafidh Belaïd, avec notamment la forte disponibilité du loup et de la dorade. Mais d’ici là le seul produit marin phare qui est la sardine reste bien loin de portée du consommateur. 

T. Ch.

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