Dans la commune de Seddouk, le lait en sachet est devenu, ces derniers jours, une denrée rare. Il n’y a que quelques épiceries de la ville qui continuent à le commercialiser, mais sans pouvoir satisfaire la demande d’une population d’environ dix mille âmes que compte le seul chef-lieu communal. Ainsi, beaucoup de consommateurs s’en privent. «Si tous les commerçants et les superettes commercialisaient le lait en sachet, on n’en serait pas dans cette situation de manque. Beaucoup de pères de familles font la chaîne, durant des heures, dans l’espoir d’avoir deux sachets de lait. Quand le camion distributeur arrive, je ne fais même pas rentrer les caisses dans le magasin. Je les dépose sur le trottoir et je commence à servir jusqu’au dernier sachet, en limitant le nombre à deux sachets par individu, pour satisfaire un maximum de clients», déclare un commerçant de la ville. Le lait en sachet est prisé pour son prix, moins cher que le lait en poudre qui dépasse les 300dinars le paquet de 500 grammes et le lait de vache dont le litre est cédé à 50 dinars. Au douar Amdoune n’Seddouk, c’est le même constat, même s’il y a beaucoup d’épiceries qui le commercialisent. Et si certains commerçants l’exposent à la vente pour tout le monde, certains préfèrent le réserver uniquement pour leur fidèle clientèle. Cette situation de vente sous le manteau fait que des consommateurs font plusieurs épiceries pour constituer un stock. «J’ai vu de mes propres yeux des clients qui font plusieurs épiceries dans la même journée pour acheter cinq à six sachets, voir plus, sans se soucier des autres», déclare un citoyen qui n’a pas manqué de fustiger un commerçant qui sert le lait en sachet à la tête du client. «Il y a trois jours, je me suis présenté chez un commerçant qui venait juste de recevoir une grosse quantité de lait, de quoi servir tout le village. Quand on a fait la chaîne, il nous exhibe une liste de vingt personnes au maximum, en nous disant qu’il devait d’abord servir ses clients et que pour nous, nous devrions revenir plus tard en espérant qu’il en resterait», a ajouté le même citoyen. Il y a, néanmoins, un fait marquant qui mériterait d’être aborder. Si en ville, le lait en sachet est cédé à son prix normal (25DA), ce n’est pas le cas dans les villages où il se vend à 27et 28 dinars le sachet. Les commerçants mettent ça sur le dos des camions livreurs qui le vendent, en gros, à 26,00 dinars le sachet, et se plaignent que, parfois, la marge dégagée n’arrive même pas à couvrir les pertes car, disent-ils, les sachets se déchirent facilement. La spéculation sur le lait en sachet bat, ainsi, son plein dans la commune de Seddouk au grand dam des consommateurs qui rêvent d’un retour à la normale, comme pour les autres produits de première nécessité tel que le pain, qui est disponible et se vend à son prix normal.
L. Beddar
