Colloque international sur l’insurrection de 1871

Partager

Le coup d’envoi des travaux du 1er colloque international sur l’insurrection de 1871, menée en Kabylie par Cheikh Aheddad et El Mokrani contre le colonialisme français, sera donné, aujourd’hui à partir de 9h, au Théâtre régional de Béjaïa.

Organisé par le Comité des fêtes de l’APC de Béjaïa, sous la direction de Tassadit Yacine, écrivain Kabyle et chercheur en anthropologie, ce colloque sera animé par une armada de conférenciers, seize en tout, qui gratifieront le public par des communications diverses portant sur des sujets liés, entre autres, au contexte, causes et conséquences de l’insurrection de 1871. Parmi les historiens invités à ce colloque, il y a lieu de citer le français Benjamin Stora, qui animera, aujourd’hui à 11h00, une conférence intitulée « L’année 1871, de la commune de Paris au soulèvement en Kabylie ». Cette communication sera suivie par l’intervention de Raphaël Branche, qui s’intéressera, quant à lui, à l’insurrection d’El Mokrani et ses conséquences dans la région de Lakhdaria (ex-Palestro). Dans l’après-midi de cette première journée de ce colloque, l’écrivain Algérien Abdelmadjid Merdaci donnera une communication sous le thème « 1871 : Résistance anticoloniale », qui sera suivi par un point d’historiographie sur l’insurrection de 1871, Mokrani et Cheikh Ahedad, que présentera Fouad Soufi.  En somme, des conférences intéressantes sur « l’histoire des déportés algériens en Nouvelle-Calédonie », « La révolte à Djidjeli », « 1871, stupeur et désarroi dans la poésie Kabyle », ou encore, « 1871 dans les mémoires villageoises (région de Tazmalt) », sont prévues le 06 et 07 mai au niveau du TRB, au grand plaisir des amoureux de l’histoire algérienne. Notons que ces conférences seront suivies par des débats ouverts, où le public peut intervenir et poser des questions sur les sujets abordés par les conférenciers. Par ailleurs, une pièce théâtrale intitulée « Les trois exils », une exposition photo et un film sur « Les Kabyles du pacifique », sont prévus en marge des conférences de ce colloque international, qui coïncide avec le 143e anniversaire de la mort d’El Mokrani.

Commémoration du 143e anniversaire de la mort d’El Mokrani à Seddouk

Dans la commune de Seddouk, un colloque national sur le même thème aura lieu, en parallèle, à la salle des fêtes de la municipalité animé par un autre groupe de chercheurs, aujourd’hui et demain.  La journée d’hier a été consacrée au recueillement, par une délégation partie de Béjaïa à Kalâa d’Ath Abbas, pour se recueillir sur la tombe de Mohamed El Mokrani, mort le 05 mai 1871 à Souflat, dans la wilaya de Bouira, lors d’une grande bataille livrée à l’ennemi. Selon l’écrivain Tahar Ouettar dans son livre « 1871 », le général de l’armée française qui a piloté l’opération a été ébranlé quand il a su que Mohamed El Mokrani fut tué. Il a même dit du bien de lui, reconnaissant sa stature d’homme courageux et généreux. Il a lancé sur le vif que c’est une grande perte pour l’Algérie. 52 ans après l’indépendance du pays, rien n’a été entrepris pour la restauration des biens des Mokrani dans leur village d’Ath Abbas. Pourtant, en 2010, la délégation, conduite par le wali de Béjaia de l’époque, qui s’était rendue à la Kalâa d’Ath Abbas pour célébrer la mort de Mohamed El Mokrani, a informé que la wilaya de Béjaïa avait obtenu des crédits de l’ordre de 800 millions de centimes pour la restauration et la consolidation de plusieurs sites historiques, un projet resté au stade promesses, puisque quatre ans sont déjà passés et l’on se demande si le projet n’est pas renvoyé aux calendes grecques.

Boualem Slimani et L. Beddar

Partager