Littérature Lors d’un colloque international tenu à Oran – L’œuvre et la vie d’Assia Djebar mises en relief

La portée universelle de l’œuvre d’Assia Djebar a été mise en relief, avant-hier, à Oran, lors d’un colloque international dédié à cette grande figure de la littérature algérienne. Près de cinquante universitaires algériens et étrangers ont participé à cette rencontre qui s’est tenue deux jours durant, à savoir le 5 et le 6 mai, à l’initiative du laboratoire de recherche en Langues, Discours, Civilisations et Littératures (LADICIL) de l’Université d’Oran. « Assia Djebar : le parcours d’une femme de lettres. Littérature, résistance et transmission », constitue le thème générique de cette manifestation scientifique qui a pour objectif de « promouvoir l’œuvre de cette grande romancière en Algérie », ont souligné les organisateurs. « La présence à ce colloque d’une vingtaine de chercheurs venus des cinq continents est un indicateur supplémentaire de la notoriété mondiale d’Assia Djebbar dont le corpus est déjà traduit en 23 langues », a indiqué Fatima Grine-Medjad, directrice du LADICIL et présidente du comité d’organisation. « Assia Djebar a énormément contribué à l’écriture de l’histoire, de la mémoire et de la lutte de libération nationale en rendant hommage aux femmes combattantes », a fait valoir Mme Grine-Medjad qui s’attelle, avec son équipe, à l’élaboration d’un ouvrage consacré à la grande romancière. Le rayonnement international de ce grand nom de la littérature algérienne a été également mis en avant par les participants, à l’instar de Seza Yilancioglu de l’université de Galatasaray (Turquie), en notant que chez Assia Djebar, l’écriture devient le moteur de l’histoire. « Il y a une fusion étroite entre l’auteur (Assia Djebar) et ses personnages », a observé l’intervenante turque en s’appuyant sur le roman « L’Amour, la Fantasia » (1985), où « l’écrivaine décrit intelligemment la condition de la femme face au système colonial ». De son côté Kirsten Nusung, de l’université de Linné (Suède) s’est penchée sur le livre « La Femme sans sépulture » (2002) pour mettre en exergue « la technique d’Assia Djebbar consistant à fictionnaliser les témoignages pour mieux intégrer l’histoire dans la mémoire collective ». La rencontre a été aussi marquée par la participation de Kiyoko Ishikawa, une traductrice des écrits d’Assia Djebar en japonais, qui a proposé une communication sur « La Soif », le premier livre de la romancière algérienne écrit en 1957. Le colloque a réuni une nombreuse assistance composée d’étudiants et chercheurs de différentes universités du pays, à l’instar de Mohamed Daoud, directeur de l’Unité de recherche sur la Culture, la Communication, les Langues, les Littératures et les Arts (UCCLLA), basée à Oran. « Assia Djebar mérite l’hommage qui lui est rendu à travers ce colloque, sachant que cette grande écrivaine algérienne constitue, au plan culturel, une fierté pour le pays et le monde arabo-musulman », a estimé M. Daoud. Née le 30 juin 1936 à Cherchel, Assia Djebar a à son actif plusieurs prix littéraires décernés dans différents pays européens, aux Etats-Unis d’Amérique et au Canada. Elle a été nominée en 2004 pour le prestigieux Prix Nobel de l’Académie suédoise, avant d’être élue, en 2005, à l’Académie française.