Comme de coutume, la commémoration du 69e anniversaire des évènements du 8 mai 45 a été l’occasion pour le FFS d’organiser un meeting populaire à Kherrata.
Ali Laskri et Souad Ichalamen, membres de l’instance présidentielle, et Ahmed Betatache, premier secrétaire national, accompagnés de quelques députés et membres de l’APW se sont déplacés, d’Alger et de Béjaia pour y animer, hier, un meeting à la place de la mairie de Kherrata. « La proposition de la reconnaissance des martyrs du 8 mai 45 a été rejetée par le parlement algérien, qui ne reconnaît plus les siens », dira, de prime abord, Ali Laskri, qui soulignera également qu’il en est de même pour les dossiers des martyrs de 63. En abordant les élections présidentielles et le refus du parti de participer au gouvernement de Sellal, l’orateur dira que le FFS ne s’est singularisé que parce qu’il n’y a aucune volonté politique d’apporter des changements. Pour le FFS, dira-t-il, « la transition démocratique passe par un consensus dont l’idée avait germé chez Ait Ahmed, en 1992 déjà. Il avait, à l’époque, suggéré à Boudiaf d’aller vers un consensus ». Le membre de l’instance présidentielle conclura son intervention en rappelant que le FFS n’a pas adhéré au processus électoral, en rejetant et la participation et le boycott, car personne ne peut détourner le parti de l’essentiel, à savoir aller vers un changement qui passe par une mobilisation pacifique, la lucidité et l’engagement citoyen. De son côté Ahmed Betatache reviendra sur la proposition de reconnaissance du statut de martyrs aux victimes du génocide de 45, en déclarant qu’« il est du devoir des algériens d’exiger des excuses de la France pour le massacre commis ». Mais, soulignera-t-il, « faut-il, tout d’abord, que l’Algérie reconnaissent ces victimes comme martyrs, alors qu’aucun texte de loi ne le stipule ». Il tonnera en disant que c’est à partir de cette ville historique que nous appelons, encore une fois, le pouvoir algérien à reconnaître les martyrs de 45, comme ceux de 63, au même titre que les Chouhada de 54/62. Concernant le meeting, l’orateur justifiera son avancement d’une journée, le 7 au lieu du 8, par l’organisation, le lendemain, d’un semi marathon à la mémoire de feu Maître Abdeslam Yahiaoui, un huissier natif de la daïra, décédé il y a quelques semaines. Le premier secrétaire national axera, par la suite, son intervention sur le principe de la reconstruction d’un consensus politique national lequel est prioritaire pour le parti et dont l’agenda est différent de celui du pouvoir. « Le changement doit avoir lieu, d’une manière pacifique, car la violence n’a engendré que la violence, comme c’est le cas dans certains pays arabes », soulignera l’orateur. Il est utile de rappeler que le 8 mai 45 a tout le temps été célébré par le FFS, à Kherrata plus particulièrement. Incrustée dans la mémoire collective, la date du 8 mai est douloureuse dans les régions de Kherrata, Sétif et Guelma. Plus de 45. 000 civils innocents avaient été massacrés par les militaires français. Un véritable génocide.
A. Gana

