En Kabylie, comme ailleurs en Algérie, il y a, chaque année des centaines d’élèves qui sont exclus du système scolaire. Si certains cherchent à s’intégrer dans le marché de l’emploi –faire n’importe quoi, pourvu qu’on gagne de l’argent- d’autres optent pour une formation professionnelle pour apprendre un métier. En général, il y a, dans toutes les daïras des centres de formation professionnelle, ce qui fait que les jeunes peuvent espérer recevoir un apprentissage dans leur région d’origine. Plus besoin de se déplacer, comme autrefois, vers les grandes villes. Cependant s’il y a partout des CFPA, tous les CFPA n’assurent pas, comme on pourrait le croire, toutes les formations : ici, on ne forme pas de mécaniciens, là, c’est le froid qui manque etc. Résultats : les choix du candidat à l’apprentissage sont souvent limités, et s’il tient quand même à avoir la formation qu’il veut, il doit se déplacer ! Ainsi, dans le cas de la mécanique, le jeune est pris en charge par un mécanicien de son bourg mais pour les cours théoriques (obligatoires et sanctionnés, à la fin de la formation, par un diplôme) il doit faire une ou deux fois par semaine un déplacement au centre où les cours sont donnés. Parfois ce n’est pas loin mais parfois, il faut faire plusieurs kilomètres, donc assumer des frais de transport et de restauration ! Et ce n’est pas la maigre solde, versée par l’artisan formateur, qui va couvrir les frais ! A moins d’opter pour l’internat, dans les centres qui assurent les formations : mais là, c’est une autre paire de manches, car le nombre de places est souvent limité !
S. Aït Larba