La dislocation des structures locales du RND à Tizi-Ouzou menace sérieusement le parti. La démission du coordinateur de wilaya, le député Tayeb Mokadem, de son poste, le 4 mars dernier, paraît être l’un des facteurs sources de l’incohésion et de la déstabilisation des structures du parti.
La crise vient, ainsi, de toucher la coordination de Ouaguenoun. Pas moins de 58 militants du RND de Ouaguenoun, dont quatre cadres locaux ainsi que le maire de la commune, se sont soulevés contre le coordinateur local du parti, contre qui, ils ont actionné la motion de retrait de confiance. Les signataires, réunis mardi dernier, ont également délégué Mohamed Telfouche, membre du bureau local, pour « gérer la transition jusqu’à l’élection d’un nouveau coordinateur ». Le désormais ex coordinateur du parti à Ouaguenoun a été vilipendé et chargé de griefs ayant incité la base militante à réclamer sa tête et à l’écarter de la gestion de la structure locale. « Par souci de préserver la dynamique électorale qui a fait de notre formation politique une force incontournable, à l’issue du scrutin municipal du 29 novembre 2012, dans notre commune, nous ne pouvons rester indifférents face aux agissements malsains de notre coordinateur communal, en l’occurrence M. Arif Aziz », est-il écrit dans un rapport adressé le week-end dernier à notre rédaction. Il est ainsi reproché au coordinateur du RND de cette localité le « non respect du règlement intérieur du parti, d’avoir engagé des travaux en cachette, sans consultation du bureau communal », et de n’avoir tenu « aucune réunion de travail et d’évaluation depuis le 29 novembre 2012». Mais le reproche le plus pesant que la base militante du RND de Ouaguenoun porte à l’encontre de M. Arif Aziz, est « l’abus d’influence ». « En abusant de son influence, cet individu a pu basculer sa femme, élue à l’APC, dans l’opposition, en compagnie de M. Chetouani Mohamed, tous deux élus sur la même liste du RND ». Le basculement de ces deux élus dans l’opposition au maire, M. Rabah Laiche, s’avère être la goute qui a fait déborder le vase, selon l’expression du député Tayeb Mokadem que nous avons joint, hier, afin de connaître le sort de cette situation de crise qui touche l’une des structures locales de son parti à Tizi-Ouzou. « Je n’ai rien pu faire étant donné que je suis démissionnaire de mon poste de coordinateur de wilaya depuis le 4 mars dernier. Mon statut actuel m’empêche de m’immiscer dans les affaires des coordinations locales », a regretté Tayeb Mokadem, en affirmant qu’il s’est contenté d’aviser l’instance nationale du parti sur ce cas, ainsi que sur celui de Fréha. Au sujet de la crise touchant à la structure du parti à Ouaguenoun, le député a expliqué que le coordinateur incriminé « s’est trop impliqué dans la gestion des affaires de la commune, y compris dans le choix du maire, issu de notre parti ». M. Arif est frontalement accusé de « vouloir déstabiliser le maire de Ouaguenoun en incitant deux élus de la même formation à composer avec l’opposition ». Et de souligner que « le maire, en représailles au rangement de ces deux élus dans l’opposition, a décidé de ‘’dépermaniser’’ l’épouse du coordinateur et a délégué à sa place un autre élu pour l’antenne administrative de Tamda ». Ce reproche a été également mentionné dans le rapport, dont nous détenons une copie : « Lors de la délibération, en date du 6 mars 2014, portant sur la désignation du délégué spécial à l’antenne administrative de Tamda, ces élus ont tenté de contrer le choix du P/APC ». Et les militants soulignent que « pour ces raisons, nous, militants et cadres, nous démarquons de ces pratiques que nous condamnons énergiquement, et dénions à M. Arif Aziz le droit de nous représenter et de parler en notre nom ». Pour le coordinateur de wilaya démissionnaire, le député Tayeb Mokadem, « l’inertie des instances nationales face à la création d’un RND bis, m’ayant poussé à démissionner de mon poste, risque d’envenimer les choses et d’alimenter des crises dans plusieurs structures locales du parti. Ça serait une suite logique de la crise qui couve, depuis plusieurs mois, au sein de la coordination de wilaya, ayant poussé le député Chabane Belgacem dit Azwaw, chargé de l’organique, à se retirer du bureau de wilaya. Nos actions se veulent une manière d’attirer l’attention sur d’éventuelles crises qui vont certainement disloquer le parti ». Mokadem regrette de « ne pouvoir agir dans la crise qui secoue l’exécutif communal de Fréha, qui touche deux partis formant l’alliance autour du président de la République. Et ce n’est là qu’un exemple, à côté de ce qui se passe à Ouaguenoun ».
M. A. T.
