30 locomotives et 17 autorails pour la SNTF

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Dans le cadre de la modernisation du rail, la société nationale du transport ferroviaire (SNTF), va acquérir 30 locomotives auprès d’un fournisseur canadien ainsi que 17 auto-rails d’une entreprise espagnole. C’est ce qu’a indiqué Abdelhamid Lalaïmia, directeur général de l’entreprise, hier, sur les ondes de la Chaîne III. L’achat des locomotives coûtera 82 millions USD et l’acquisition des autorails, 102 millions USD, soit l’équivalent de 13 milliards DA.Ces acquisitions n’ont été rendues possibles que suite à la décision gouvernementale du 30 mai dernier, souligne le même responsable. Ce dernier justifiera la modernisation du parc roulant de la SNTF par l’importance de sa vétuste et son insuffisance. “L’âge moyen du parc des locomotives est de 26 ans. Nous continuons à rouler avec du matériel acquis en 1971”, a-t-il affirmé. Le premier responsable de la SNTF, ajoutera que cette situation fait perdre à l’entreprise, annuellement, pas moins de 7 millions de tonnes de marchandises, ce qui génère un manque à gagner de 4 milliards DA de chiffre d’affaires. “L’offre est très importante en matière de transport, mais nous ne pourrons pas totalement y répondre”, expliquera Lalaïmia. Le parc auto-rail est également vétuste, avec un âge moyen de 30 ans. Chose qui freine également le développement du transport des voyageurs. Même le DG de la SNTF, indiquera que la part du transport de voyageurs est très appréciable en 2005. Il dira que le programme de modernisation du rail, doté par le programme quinquennal d’un budget estimé à 525 milliards DA, concernera aussi bien les infrastructures que le parc roulant. La SNTF a lancé dans ce cadre, précise son patron, plusieurs appels d’offres pour la réalisation de projets de réhabilitation de voies déjà existantes. “Récemment, nous avons reçu 12 candidatures pour les lignes à grande vitesse. Elles sont actuellement en cours d’examen”, affirme l’invité de la Chaîne III, qui ajoutera que le cahier des charges est en cours de préparation, et le dépôt des offres devra intervenir avant mai 2006. Il indiquera que globalement l’ensemble des travaux doivent être achevés d’ici 2009. Lalaïmia évoquera également les projets d’extensions du rail vers le sud et le sud-ouest, où il existe un grand potentiel de ressources naturelles à transporter (Gara Djebilet, Tindouf). “Béchar et Hassi Messaoud seront desservis par des lignes de transport de voyageurs”, a annoncé le même orateur. Par ailleurs, le transport par rail interviendra également au niveau maghrébin, puisqu’il est prévu l’amélioration, notera le responsable de la SNTF, de la ligne ferroviaire reliant les trois grandes villes : Casablanca, Alger, Tunis. La réunion du comité technique ferroviaire maghrébin à Alger les 3 et 4 décembre en cours, a appuyé, selon Lalaïmia, la possibilité de faire jouer un rôle prépondérant aux importants ports des trois pays : Tanger, Djendjen et Kadès en Tunisie, appelé le “Corridor Euro-maghrébin”, et ce, dans le but de permettre le transfert des containers.“En Algérie, les parcours seront réduits grâce aux lignes à grande vitesse : Oran-frontières marocaines, Khemis, Bordj Bou Arréridj et Annaba- Taberka (Tunisie). A propos de cette dernière ligne, il est prévu, affirme l’orateur, le lancement des études pour sa réalisation, conjointement avec la Tunisie en 2006. En 2006, il est prévu également la réception du projet de doublement de voies entre Sétif et BBA.“La modernisation du rail va d’abord profiter aux opérateurs cheminots qui verront leurs conditions de travail nettement améliorées”, a souligné le patron de la SNTF. Pour ce dernier, les pouvoirs publics ont pris “une sage décision” en “évitant” de privatiser la SNTF. Mais, insiste-t-il, les managers des entreprises doivent changer de méthodes de gestion pour ne plus produire de déficit et garantir plus de qualité de service et de rentabilité.

Elias Ben

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